Briser le moule – L’histoire de Sophie

Sophie Gauthier
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Sophie Gauthier

Sophie a 19 ans. Depuis qu'elle est toute petite, elle se bat avec la maladie mentale. Elle a été diagnostiquée avec un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, un trouble anxieux généralisée et un trouble de la personnalité limite. Elle se décrit comme étant une personne dynamique, emphatique, altruiste et avec beaucoup de compassion et d’empathie. Ayant les enfants au centre de sa vie depuis toujours, elle étudie en Techniques d’éducation à l’enfance au collège Montmorency, à Laval, pour devenir éducatrice en CPE. Elle se considère également comme étant une guerrière de la maladie mentale et elle souhaite réduire la stigmatisation et les tabous entourant les maladies mentales.
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Si j’étais l’une des personnes les plus souriantes dans la vie de tous les jours, j’étais aussi celle qui souffrait intensément à l’intérieur de son petit cœur d’enfant et même jusqu’à ce que j’atteigne l’âge adulte. 

Déjà très jeune, je souffrais d’une grande anxiété qui me paralysait, surtout lorsqu’il était question de l’école.

À l’âge de 10 ans déjà, lorsque j’étais au primaire, j’angoissais terriblement à propos des devoirs et des examens. Je me suis même rendue jusqu’à manquer des journées d’école lors de ma 5e année, parce que je vivais trop d’anxiété.

J’étais chez moi, et je pleurais à grosses larmes.

En plus d’avoir un TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité), j’ai aussi été diagnostiqué avec un Trouble Anxieux Généralisé.

J’avais beaucoup de difficulté à l’école. Donc performer était bien difficile pour moi.

Je suis finalement arrivée au secondaire, et je dirais que ça a été les années les plus difficiles de mon parcours scolaire.

Il faut l’avouer, tout le monde est différent, mais moi, je sortais du lot.

Vous savez le moule que la société à confectionné et que si tu ne rentres pas dedans, tu es considéré comme une vraie rejet de l’école? Bien moi, je ne rentrais pas dans ce moule là et je n’ai jamais réussie à me fondre dedans.

J’étais une personne qui parlait beaucoup, qui posait beaucoup de questions en cours et ça, bien les autres élèves n’aimaient pas ça.

J’ai donc été victime d’intimidation de ma 3e à ma 5e année du secondaire. Verbalement (sans toutefois m’insulter de noms, mais toujours m’agacer) physiquement, en me lançant des bouts de papiers en plein cours et également par de la cyberintimidation.

On s’entend qu’à la période de l’adolescence, où tu te cherches en tant que personne et où tu te construis en tant qu’individu, j’ai eu l’impression de me déconstruire.

Je n’avais pas confiance en moi et non plus aucune estime de soi.

L’intimidation, j’ai toujours dit que c’était comme un «brainwash». Plus tu es conditionnée à te faire dire que tu n’est pas comme les autres et que tu ne vaux rien,  plus tu te fais croire dans ta tête que c’est vrai et tu finis par toujours te remettre en question.

Ça m’a même poussé à avoir des idées suicidaires en 5e secondaire et d’avoir même un plan en tête. Heureusement, j’en ai parlé à l’école à des gens de confiance et ils ont appelé mes parents.

C’est vraiment vers la moitié de mon secondaire jusqu’à aujourd’hui, à l’âge de 19 ans, que ma vie est devenue une véritable souffrance.

J’avais très souvent des phases dépressives. J’avais des périodes d’automutilation et des idées suicidaires récurrentes.

Parfois ça allait super bien et un élément déclencheur négatif pouvait me rendre instantanément très triste.

Je suis une hypersensible et une personne très impulsive, donc quand il y avait un gros orage avec de grandes intempéries, c’était très souffrant.

Ça me paralysait complètement et j’avais de la difficulté à fonctionner.

J’ai fait trois tentatives de suicide dans ma vie, en l’espace d’environ un an et demi.

Je me rendais à l’urgence, en détresse, souvent en raison d’idées suicidaires et c’était extrêmement souffrant.

Finalement j’ai reçu un diagnostique concret : j’avais un Trouble de la Personnalité Limite.

J’ai trouvé ça difficile de l’apprendre, parce que je ne voulais pas qu’on me voit différemment et qu’on m’étiquette, surtout de la part de mes parents. Je voulais qu’ils agissent de la même façon avec moi, comme auparavant.

En fait, quand j’ai reçu le diagnostique final et qu’il ne s’agissait pas que de traits de personnalité limite, mais bien du trouble, je me voyais comme étant une mauvaise personne, parce que je ne me considérais pas en tant que Sophie Gauthier, mais plutôt en tant que ma propre maladie mentale.

Je laissais ma maladie me définir.

Et pourtant, on le sait bien, notre maladie mentale ne nous définit pas. Ce n’est qu’une partie de nous et il faut l’accepter, car ça fait partie de notre rétablissement, l’acceptation de la maladie.

Par contre, je ne peux pas nier le fait que je suis tout de même heureuse de savoir enfin ce que j’ai et pourquoi ma vie ressemble un peu à des vagues d’émotions ou une montagne russe.

Ça va me permettre de suivre les thérapies adaptées et d’avoir le bon traitement pour m’aider et ainsi trouver des outils pour gérer mes émotions.

Il est difficile de voir que l’on peut s’en sortir et avoir moins de difficultés à vivre avec un trouble de la personnalité limite, mais il faut se souvenir de toutes ces fois où nous sommes arrivés à nous sortir de situations extrêmement difficiles.

Je suis présentement au Cégep en techniques d’éducation à l’enfance pour devenir éducatrice en CPE, et c’est vraiment à ça que je m’accroche et qui me pousse et me motive à continuer, parce que les enfants valent tout pour moi.

J’ai dû prendre une session sabbatique des études, en raison de mon état et qui m’a même valu une hospitalisation dont je reviens tout juste, mais je suis tout de même heureuse que ce temps d’arrêt ait pu me conduire à la raison du pourquoi je me sentais comme ça.

Je n’étais pas folle. Je ne suis pas folle. Il y avait une raison.

Comme une de mes citations préférées le dit si bien : «Les chemins les plus difficiles mènent souvent à de merveilleuses destinations». 

2 comments

  1. Merci Sophie. Nul doute que tu es une fonceuse et le fait que tu acceptes ainsi de te livrer, sans fard, montre bien ta grande force de caractère et ta détermination. Je te souhaite d’aller au-delà de tes espérances et de croire que le meilleur est en avant, toujours. Les détours des chemins cachent bien souvent des endroits de découvertes extraordinaires que seules les personnes au coeur accroché à la bonne place peuvent finalement voir et en comprendre tout le sens. Prends bien soin de toi! Belle suite!

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Sophie a 19 ans. Depuis qu'elle est toute petite, elle se bat avec la maladie mentale. Elle a été diagnostiquée avec un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, un trouble anxieux généralisée et un trouble de la personnalité limite. Elle se décrit comme étant une personne dynamique, emphatique, altruiste et avec beaucoup de compassion et d’empathie. Ayant les enfants au centre de sa vie depuis toujours, elle étudie en Techniques d’éducation à l’enfance au collège Montmorency, à Laval, pour devenir éducatrice en CPE. Elle se considère également comme étant une guerrière de la maladie mentale et elle souhaite réduire la stigmatisation et les tabous entourant les maladies mentales.

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