Comme un nœud dans la gorge

Pascale Nicole
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Blogueuse chez AnxieuseX1000
Pascale adore écrire et lire. Elle s'intéresse à la santé mentale depuis longtemps, mais plus spécifiquement depuis qu'elle a reçu un diagnostic officiel de trouble anxieux généralisé il y a un peu moins de cinq ans. Elle tient un blogue depuis quelques mois où elle partage des tranches de sa vie d'anxieuse afin que d'autres se reconnaissent et se sentent moins seuls.
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Dans ma jeune vingtaine, je suis devenue allergique aux noix (amandes, arachides et compagnie).

Tout allait bien et j’étais plutôt insouciante, car je n’avais pas eu de grosse réaction avant d’avoir reçu le diagnostic.

J’avais un auto-injecteur d’épinéphrine (Épipen), mais je ne l’avais pas souvent sur  moi. Je me disais que si je ne mangeais rien aux noix, c’était ok.

Jusqu’au jour où j’ai fait une réaction et il a fallu me rendre à l’urgence au plus vite.

Bang! Là, j’ai frappé un mur.

Je me suis mise à ne plus rien manger sauf du gruau et du macaroni au fromage (parce que c’était les seuls aliments qui ne me piquaient pas la bouche).

Tout un scénario

Si je mangeais autre chose, on aurait dit que ça me piquait. Un peu. Puis beaucoup et c’est là que tout un scénario se mettait en branle :

  1. Je trouvais que ça piquait de plus en plus
  2. Ma respiration s’accélérait
  3. J’avais de plus en plus de difficulté à respirer
  4. J’avais comme un nœud dans la gorge qui m’empêchait pratiquement d’avaler ma salive.
  5. Je ne pouvais m’empêcher de me rendre à l’urgence, convaincue que je faisais un choc anaphylactique ou encore pire.

Bien entendu, je passais très rapidement à l’urgence.

On me donnait une injection de Bénadryl (parfois même pas), on me gardait en observation un peu (pour me rassurer probablement) et on me disait que, non, ma gorge n’était pas enflée. Je n’avais pas fait de choc anaphylactique.

Je racontais encore une fois mes symptômes qui eux avaient été bien réels.

Mais non, c’était comme si j’avais rêvé. On me retournait chez moi heureuse d’être vivante, mais tout de même déçue de ne pas avoir d’explication pour mes symptômes.

L’explication logique…enfin!

Ce schéma s’est reproduit près d’une dizaine de fois au moins, jusqu’à ce que je rencontre le bon médecin.

Celui qui allait me dire que oui, effectivement, j’avais un nœud dans la gorge.

Cependant, il  était invisible pour eux, car il n’était pas dans ma gorge, mais bien autour. Il était formé de tous les muscles et nerfs de cette région qui étaient tellement tendus, crispés, coincés qu’ils me donnaient l’impression d’avoir un gros noeud dans la gorge.

ENFIN!!!!

Quelqu’un me croyait. Je n’étais pas folle (ou du moins pas autant que je l’avais cru!).

À cette époque pourtant pas si lointaine (je n’ai pas 100 ans!) on ne m’avait cependant jamais parlé de crise de panique ou de choc post-traumatique ni même d’anxiété.

Au fil des années et de mes lectures, j’ai quand même déduit qu’il s’agissait bien de quelque chose de ce genre.

Jouer à la roulette russe

Pour tenter de vous décrire toute l’angoisse (parfois ça frôlait la terreur) qui m’habitait lorsque j’ai dû recommencer à me nourrir correctement, j’irais comme ceci :

Imaginez que vous jouez à la roulette russe à chaque repas.

Ce que vous mangez peut vous tuer… ou pas. C’était vraiment réel dans ma tête et j’étais persuadée que je pouvais mourir à chaque bouchée.

C’était vraiment réel dans ma tête et j’étais persuadée que je pouvais mourir à chaque bouchée.

Se battre contre soi-même 

Au fil du temps (et aussi du fait que finalement, je ne mourrais pas!), je vivais de plus en plus, une bouchée puis un repas à la fois.

Tout ça au prix d’efforts surhumains pour vaincre cette angoisse et arriver à faire taire cette voix qui me disait : «  Me semble que ça pique hein??? » « Ferais-tu une réaction allergique? » « Ta respiration est bizarre? » »Tu devrais vraiment aller à l’urgence! »

Tais-toi! Tais-toi!

Ce fut un dialogue constant jusqu’à ce que ma propre voix soit plus forte et plus confiante. Que je réussisse à nouveau à avoir confiance en mon instinct et non en cette voix.

Avec l’expérience, le temps et la médication, je suis plus outillée qu’avant pour faire face à mon anxiété et à des crises de ce genre.

Cependant, j’ai aussi appris que rien n’est jamais acquis et qu’il faut être vigilant (je ne parle pas ici d’hypervigilence : cet état de veille et d’angoisse permanente) et surtout se connaitre.

Ainsi je sais que lorsque je vais en voyage, comme vous tous, je dois manger.

Cependant ce n’est pas facile pour moi d’être confiante et sans anxiété. Alors j’ai toujours avec moi au moins deux (auto-injecteurs) et j’avoue que mon menu n’est pas des plus variés.

Par contre je ne veux pas que mes angoisses m’empêchent de voyager. Si pour cela, je dois manger du macaroni au fromage et du gruau pendant tout mon séjour. Je suis prête.

Rassurez-vous, je ne mange pas que du macaroni et du gruau lorsque je voyage. Cependant j’opte pour la sécurité alimentaire et faire un voyage de découverte alimentaire au fin fond de la Thaïlande est exclu pour moi. Je vis très bien avec ça.

Après tout, je ne voyage pas pour manger et surtout je veux tenir le nœud dans ma gorge le plus loin possible. 

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