D’un père à un autre

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Martin Binette

Fondateur et Éditeur en chef chez Entre les Deux Oreilles
Martin Binette vit avec la maladie mentale depuis la jeune vingtaine. Grâce aux bons soins de son médecin-psychiatre et du support de sa famille, il a la chance de vivre aujourd’hui, une vie saine et équilibrée tant au niveau personnel, social que professionnel.
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Cher M. Taillefer

Je cherche en vain depuis quelques jours les mots justes, la phrase appropriée pour témoigner de toute ma sympathie suite au décès tragique de votre fils Thomas.

Outre les formules d’usage dans ces circonstances – « mes plus sincères condoléances à vous et votre famille » – quoi dire à un père qui vit un drame si épouvantable? Quels mots utiliser pour exprimer l’indicible?

Car j’ai peine à imaginer le chagrin et la douleur qui vous accablent en ces moments difficiles.

La perte d’un enfant, quelles qu’en soit les circonstances, demeure à mon avis une calamité de la vie. Une brèche dans l’ordre naturel des choses. Le pire cauchemar de tout parent.

Je salue votre courage ainsi que celui de votre conjointe d’avoir publiquement parlé ces derniers jours des circonstances entourant le décès de votre fils. Exercice extrêmement douloureux je n’en doute point.

Votre bouleversant témoignage à Tout le monde en parle a touché des milliers de québécois. Votre sincérité et votre humilité mérite l’admiration de tous.

Votre témoignage a aussi, j’en suis fort convaincu, incité plusieurs parents à parler de suicide et de santé mentale avec leurs enfants.

Plusieurs pères, plusieurs mères interpellés par votre histoire ont sans aucun doute approchés leurs adolescents dans les jours qui ont suivi la diffusion de l’entrevue afin d’ouvrir le dialogue sur ce sujet délicat, mais ô combien important.

Je suis l’un d’eux.

Je suis papa d’un fils âgé de 14 ans. Le même âge que Thomas.

Je vis aussi avec une maladie mentale depuis plus de 20 ans.

À plusieurs moments de ma vie les idées noires et le désespoir ont envahi mes pensées. À quelques reprises j’ai songé à m’enlever la vie. À chaque fois j’ai donné une autre chance à la vie.

Pendant de nombreuses années j’ai caché ma maladie mentale par crainte du rejet ou du jugement. Seule une poignée de gens était au fait de mon histoire et ma condition médicale.

Jusqu’au jour où j’ai pris la décision de parler ouvertement de ma maladie mentale. Le plus beau jour de ma vie !

Mon fils sait donc que son papa souffre d’une maladie mentale et prend des médicaments pour en limiter la portée.

Le suicide, par contre? Un sujet jamais abordé jusqu’à maintenant.

Le moment était donc venu.

D’autant plus que je suis témoin privilégié des transformations radicales et fulgurantes qui chamboulent mon fils depuis quelques temps.

J’assiste en fait à la naissance d’un être indépendant et à l’éclosion d’un jeune homme. Avec toute sa furie, son pouvoir d’indignation, ses conflits intérieurs, sa conscience sociale.

Mais où est passé le petit garçon qui, il n’y pas si longtemps me semble-t-il, apprenait l’alphabet et s’amusait avec ses super-héros favoris?

Ainsi nous avons donc discuté du suicide et en sommes venus à une entente. Dans un jargon que vous reconnaîtrez sans doute, nous avons conclu une entente bilatérale.

Un serment qui nous unit, un pacte avec droits et obligations et qui, dans d’éventuels moments de grand désespoir ou de détresse, nous ramène à l’essentiel : en parler à l’autre ou à une personne de confiance avant de poser un geste fatal et permanent.

En somme, un profond gage d’amour entre un père et son fils.

D’un père à un autre : je vous en remercie.

Mince réconfort j’en conviens, mais grâce à vous et votre conjointe, des ponts ont été construits et des dialogues amorcés entre des parents et leurs enfants afin, ultimement, de sauver des vies.

Je vous remercie également pour votre travail de sensibilisation. Comme vous l’avez si bien mentionné lors de votre entrevue à Tout le monde en parle :

« Aujourd’hui, on va voir des médecins pour la grippe, mais les gens sont gênés de dire qu’ils vont voir des psychologues. J’ai commencé à parler autour de moi, je pose la question: «Est-ce que vous voyez des psychologues?» La plupart des gens me disent: «Oui, mais parles-en pas». Il y a encore beaucoup de tabous par rapport à ça. »

En effet, trop de préjugés persistent encore de nos jours au sujet des maladies mentales et le temps est venu d’y remédier.

Soyez assurés que je serai à vos côtés dans votre quête afin de sensibiliser la population et faire tomber les tabous et les préjugés envers les maladies mentales.

Le temps est venu de changer les perceptions. Le temps est venu de faire tomber cette stigmatisation. Le temps est venu d’en parler !

Enfin, je vous souhaite ardemment de retrouver une paix intérieure et une certaine sérénité malgré la terrible épreuve qui a chaviré votre vie et celle de votre conjointe.

Veuillez agréer mes plus sincères salutations.

Martin Binette

Entre les deux Oreilles

 

Ce texte a également été publié sur les sites Le Réseau Aidant et le Huffington Post Québec .

73 comments

      1. Le plus beau cadeau qu’une personne peut se faire c’est de consulter afin de lui permette de s’habituer. Merci pour ses beaux témoignages.

      2. Bonjour M, Martin Binette, étant un travailleur a la retraite qui a travailler longtemps en millieu psychiatrique, je me doit de vous feliciter pour votre cheminement et l’aidé que vous apporter aux douleur intérieur de votre prochain. C’est bien que vous avez la chance de discuter de votre maladie mental avec votre fils. Je vous souhaite toute la chance possible.

      3. Merci pour ce que vous avez écrit. J’ai deux enfants début vingtaine et ça va bien. Ils sont heureux dans leur vie, dans leur étude universitaires et sont entourés de bons amis d’enfance. Je ne suis pas vraiment inquiète pour eux mais je demeure toujours vigilente en me concentrant sur leur état émotionnel. J’ai vécu le suicide de mon père, j’avais 15 ans. Mon père souffrait probablement d’une maladie mentale qui n’a jamais été diagnostiquée. Dans ces années là (années 80) ce n’était pas dans les priorités des médecins. Nous avons dû faire hospitaliser mon père a quelques reprises car il était dangereux pour nous et pour lui. Malheureusement , le lendemain l’hopital nous le retournait à la maison sans aucun suivi et aucune médication. Il s’est finalement enlevé la vie par arme a feu et je lui en serais toujours reconnaissante, il a épargné nos vies car son plan était de tous nous amener avec lui. Je crois que si on avait pu en discuter et qu’on avait pû se sentir supporter médicalement, il y aurait eu une différence. Alors il faut en parler, créer des ponts et ouvrir nos coeurs à tous les types de différences. Si les gens qu’on aime sentent que nous leur ouvrons grands nos bras,,,ils penseront peut-être à s’y blottir et ça permettra de parler à nouveau avec ces gens et non pas arriver finalement à parler de ces gens.

      4. Beau témoignage M. Binette. Plus il y aura de gens qui s’ouvriront et moins il y aura de tabou. Bonne chance dans votre futur !

      5. Merci pour votre commentaire, j’ai perdu un frère par suicide l’année passée et moi même je me bât depuis longtemps avec cette idée d’abandon à la vie que je trouve souvent difficike à vivre.

        1. Bonsoir Céline, votre témoignage est dur, il m’inquiète aussi. Est-ce que vous prenez le temps de vous donner une chance? Est-ce que vous avez des gens autour. De vous pour en parler? Tel.Aide au 514-935-1101, svp, donnez-vous ce cadeau, la vie vous le rendra. Je vous admire beaucoup

      6. Moi qui n’est habituellement pas tres expressif de mes sentiments, je suis rarement touché par ces histoires qui me laisse de glace. Mais pas celle-ci. Cette histoire m’obsede et je n’arrette pas d’y penser. J’ai moi même un fils de 14 ans, dont j’ai l’impression qu’il fesait ses premiers pas encore hier, mais qui aujourd’hui me confronte sans cesse et sans raisons. L’adolesence il parait! Je n’était visiblement pas tout à fait prêt à ca 🙂
        Cette histoire ne m’a pas seulement touché, elle m’a changé, m’a obligé a faire face à la triste réalité. Elle m’a poussé a réfléchir un peu peu plus loin. Mais comment protéger mon fils? Comment lui en parlé? comment reagir si ca m’arrivais. Et bien c’est fait!
        Je ne pouvait continuer sans lui exprimé o combien je l’aime et a quel point il est important pour moi. Je ne sais pas à quel point ca aura fait une différence pour lui, mais pour moi, ca m’a permis d’être plus alerte et plus a l’écoute face a ses problemes.
        Merci

      7. Wow, vous vous exprimez très bien! Effectivement un sujet très tabou que le suicide. Sans avoir l’air d’utiliser la tribune, puis-je vous inviter à jeter un coup d’œil sur ce court-métrage réalisé par deux sœurs simplement pour aider à la prévention du suicide… voici le lien: https://www.youtube.com/watch?v=6HHKLVKQnv8

      8. Continuez car vous êtes dans la voie de la vérité et la vérité c,est la vie !
        La santé mentale touche tout le monde et on se doit d,etre a l,écoute pour
        Une vie meilleure pour tous!

      9. Bravo! Pour votre grandeur d’âme et votre grande force morale, pour avoir partagé votre situation; ca va faire son chemin ,ces belles paroles,
        Nous ne penserons plus jamais de la même facon, au lieu de juger,nous comprendrons qu’il ya a un mal de vivre, un mal à ´âme, une maladie mentale.
        Oui, c’est vrai que les gens ont un certain malaise, pour ne pas dire un malaise certain, à dire qu’is consultent un psychologue; car les gens attribuent toujours cette démarche à de la folie et leur regard démontre une méfiance malsaine ressentit.
        Je terminesur ce, en vous envoyant des ondes positives et beaucoup de bonheur.
        Bonne. Chance.

    1. Bravo monsieur Binette. Tout est dit et tellement bien dit en fait. Il faut continuer de parler de la maladie mentale, ne jamais se laisser encrer dans la stigmatisation et les tabous. Je suis des chanceuses dans la malchance d’ avoir longuement discuté de suicide avec mon fils atteint de bipolarité. Jamais, au grand jamais, les maladies mentales seront chez moi et mon entourage un sujet tabou. Mon fils termine un BAA en criminologie, il a 27 ans et a eu son diagnostic à 21 ans, juste avant d’entreprendre ses études universitaires. Donc tout est permis dans la vie et il faut vivre de grands rêves et garder l’espoir.

    2. Merci de votre commentaire….Je n’ai pas d’enfant de 14 ans ou jeune ado…mais j’ai une petite fille qui aura 6 ans bientôt…Et j’espère que je serai là quand elle aura cet âge afin que sa Mamie qui l’aime tant puisse en discuter et voir sa position sur les maladies mentales, et le suicide chez les jeunes.. La prévention, et la discussion est souvent un des moyens les plus sûrs d’éviter l’inévitable . Le suicide n ‘est pas une solution aidons nos jeunes à se sentir écouter, et aimer.

      1. Vraiment un beau témoignage. J’ai aussi 3 maladies mentales et c’est une cause qui me tient à coeur et c’est important que ça ne soit plus tabou et que les gens n’aie pas peur d’en parler ouvertement, car ça touche plus de gens qu’on pense.

        Merci pour votre témoignage.

  1. Ouf! Impressionnant monsieur Binette. Oui merci ā monsieur Taillefer de nous avoir donné le courage d’aborder cette difficile question du suicide avec nos enfants mais merci également à vous d’ avoir partagé avec courage votre petit bout de vie.

  2. lorsque l’on perd un être cher, encore plus un enfant. Ce n’est pas dans l’ordre des choses. Et cela nous remets en question, de toute façon. On se demande toujours ce que l’on aurait pu faire de plus… mais c’est ainsi…un abrupt départ a des effets quelquefois insoupçonnés sur le monde. Et de vous lire, si simplement, avec une telle justesse dans le choix des mots… est une note d’espoir…oh combien importante… beau partage… Merci infiniment!

  3. Je suis entièrement d’accord avec vous sur le point de faire tomber la stigmatisation sur les problèmes de santé mentales. Moi-même je suis atteinte de dépression majeur et de T.A.G. et je ne suis pas gênée d’en parler car on est pas des extra-terrestres on est des humains comme tout le monde et j’oserais même dire qu’on est des personnes avec une compassion et une sensibilité envers les autres encore plus forte que bien des gens étant donné qu’on vit des choses très difficile …Merci M. Binette de nous publier vos commentaires personnels sur des sujets si tabous que le suicide et la santé mentale! Ça prend des personnes comme vous pour sensibiliser les gens sur la cause! Continuer votre beau travail !!!!!

  4. Merci M. Binette pour votre témoignage concernant le suicide pour avoir perdu ma fille de cette façon il est très difficile de vivre une vie normale. Ma fille jeune femme pleine énergie, artistique et sportive nous a quitté durant un moment noir de sa vie, elle s’appelait Marie-Soleil mais ce soir là il y avait beaucoup de nuage dans sa tête.Nous voulons souvent mettre un nom au maladie pour savoir comment en guérir, ma fille avait été diagnostiqué TPL 6 mois avant son décès moi je dit qu’elle avait le CANCER DE L’ÂME car le mot cancer les gens réagisses tout de suite. Bravo M. Taillefer pour votre courage et si je peux aider dans votre projet je suis partent. D’un autre père à un autre père.

  5. Votre lettre et réflexion sur le sujet m’a profondément émue.
    Je ne puits que sentir une profonde tristesse en essayant
    de m’imaginer votre peine. Ce cancer qui ronge l’âme d’une
    personne aussi près de vous est la maladie du désespoir.
    Et comme plusieurs maladies, le remède arrive souvent trop
    tard, malheureusement. Je vous souhaite, du plus profond de
    mon coeur, de trouver une certaine paix.

  6. Vous contribuez à donner un sens à ce non sens…À défaut de supprimer la peine, votre parole met un baume au cœur. Je crois que ces gens en ont vraiment besoin… Je vous souhaite une belle vie.

  7. Un gros bravo pour votre générosité et votre grand coeur monsieur Binette ! Sachant de quoi vous parlez, vous avez su trouver les bons mots réconfortants pour ce père endeuillé ! J’admire votre courage et le tout l’effort déployés pour poursuivre votre chemin et passer le message ! Un gros merci à vous ! Continuez votre beau travail ! En terminant, je souhaite que monsieur Taillefer et sa famille sauront trouver la paix et le courage pour les aider à avancer malgré cette perte immense. ! Merci encore !

  8. Effectivement j.ai parlé à mon fil cette semaine de suicide car beaucoup trop de similitude. Je ne pouvais plus me taire avec son monde virtuel très present et l.impression qu’il chance trop vite pour moi… parler ça fait du bien et ça rassure, avoir le courage de poser les vraies questions pour éviter deception ou mauvaise compréhension. Parler parler parler. Merci pour votre texte.

  9. Texte sincère, coeur sincère, c’est en effet ce qu’on lit ici dans votre texte. Et oui, les gens avec des problèmes mentaux doivent se lever et être fière d’être des gens plus sensibles aux autres dans ce monde plutôt centré sur lui-même. Bravo à vous pour votre courage, continuez d’avancer, comme je souhaite à M. Taillefer de poursuivre sa route lui-aussi et de continuer à s’ouvrir au monde. :Paix et harmonie dans votre vie.

  10. Je n’ai pas suivi l’actualité mais j’ai quand même lu votre lettre qui m’a grandement toucher et qui m’a mis au courant de la situation, je trouve cela très regrettable mais sachez que je compatie avec vous deux et tout ceux qui ont le courage de faire un pas vers l’avant et dans parler. Vous êtes une inspiration pour tout vos proches et pour tout ceux que vous côtoyer. Je vous remercie pour ce témoignage et j’espère qu’il saura éclairé d’autres parents. Bonne continuité. Charles

  11. Félicitation M Binette pour la justesse de vos mots et la réalité qui s’en dégage. Je fait parti des chanceux car mon garçon âgé de 25 ans semble bien dans son corp d’homme maintenant. Il fut un temp ou moi et ma tendre épouse étions sur le qui vive car sa période d’adolescent était sombre et parsemé d’embuche. Si le pire serait arrivé, je ne ferais pas parti des chanceux. J’aurais à vivre avec ce lourd fardeau et je ne sais pas comment cela se serait terminé. Grace à vous, M Binette , M Taillefer ont réalise à quel point la communication entre ses deux monde est capital. Merci de nous donner les moyens de faire le lien entre nos ados et la réalité.

  12. Monsieur Binette, vous êtes plein d’amour pour votre enfant, c’est évident ! J’en étais remplie à ras bord moi aussi… Ma fille a mis fin à ses jours le 12 mars 2012 et c’est comme si c’était hier.
    Je ne l’ai pas vue venir ! Jamais je n’aurais pensé qu’elle poserait ce geste aussi violent envers elle-même et envers moi. Oui envers moi car là, mon coeur est meurtri à jamais. Elle s’est libérée, certes , mais elle a transpercé mon coeur de maman qui ne saura jamais en guérir !

    Je souhaite sincèrement que le pacte que vous avez conclu avec votre garçon ne sorte jamais de sa mémoire…. Je vous souhaite que , si un jour le désespoir s’emparer de lui, il repensera à ce pacte et à la peine qu’il vous ferait.
    Je souhaite à tous les parents, Monsieur Taillefer et sa conjointe inclus, de traverser cette épreuve la tête haute, sans culpabilité ou remords…

    Je souhaite que tous les jeunes qui souffrent trouvent l’aide dont ils ont besoin. Qu’ils soient écoutés et entendus car ils sont notre avenir nos tréesors d’amour !

    D’une mère qui voudrait changer le monde si souffrant !

  13. De belles vérités remplies d’ une sincérité palpable , d’ un grand amour envers votre fils . Il est beau de vous lire et j’ espère que la société s’ ouvrira sur cette réalité et comprendra que c’ est de compréhension et d’ amour que l’ on doit entourer les personnes vivants avec la maladie mentale .Ils ne choisissent pas , ils sont nés avec . C’ est tout un cheminement pour eux avant d’ accepter et de continuer .Bravo aussi à Monsieur Tailleffer d’ en avoir parlé si ouvertement …Merci à vous Monsieur Binette …

  14. Monsieur Binette,
    Un gros merci pour votre grande sensibilité sur le sujet et votre grande implication. J’ai fait une tentative de suicide il y a deux semaines, et depuis, je fais des efforts de suivi avec les rendez-vous que l’on me donne en vue de m’aider à trouver des solutions. Dans votre lettre à Alexandre Taillefer ce qui m’a rejoint, malgré que je ne sois plus adolescent depuis belle lurettes, c’est là où vous dites.

    « Je suis témoin privilégié des transformations radicales et fulgurantes qui chamboulent mon fils depuis quelques temps. J’assiste en fait à la naissance d’un être indépendant et à l’éclosion d’un jeune homme. Avec toute sa furie, son pouvoir d’indignation, ses conflits intérieurs, sa conscience sociale. Mais où est passé le petit garçon qui, il n’y pas si longtemps me semble-t-il, apprenait l’alphabet et s’amusait avec ses super héros favoris ? »

    Alors voilà exactement ou j’en suis, à 58 ans… Imaginez ! C’est justement cette furie, ce pouvoir d’indignation, et ma conscience sociale qui me tue… (mes conflits intérieurs je les identifie plutôt bien…) et la perte de la joie de vivre en ne sachant plus vraiment m’amuser. Malgré mes efforts incommensurables en vue de dénoncer les gestes inacceptables dans ce bas monde, je me suis rendu là où j’en suis… Tout le monde me parle du fameux « Lâcher prise » Force d’admettre que je n’ai pas su maîtriser ça à ce jour.

    Pour avoir lu sur le sujet du trouble de personnalité limite, j’ai cru me reconnaître dans plusieurs symptômes. Il apparaît que d’ici peu je suivrai une thérapie dite « cognitivo-comportementale » de deux mois et je verrai si cela portera ses fruits ou pas. Il m’aura fallu me rendre jusque-là pour que des offres d’aide se présentent à moi.

    Encore une fois, un gros merci pour ce que vous faites, ça fait du bien de lire des choses sur un sujet, que moi-même j’ai plutôt honte de vivre…

    1. Accrochez-vous…tenez bon… profitez de tous les petits bonheurs… rayon de solein, chant d’oiseau, bourgeons d’arbres, vent, sachez que beaucoup plus de gens souffrent….entourez-vous…

      1. Je sais déjà apprécier toute ces petits bonheurs, mais ils ne suffisent plus, tellement je me sens seul. Mais bon, je me prends en main et accepte l’aide que l’on m’offrira sous peu. Merci de vos bons mots Renée. xx

  15. M Binette, vous avez trouvez les mots justes et bien résumé ce que beaucoup de gens incluant moi aurait aimé dire à, M Taillefer suite à son passage à tout le Monde en parle. Je suis une des personnes qui doit se battre à chaque jours car j’ai tombé à quelques reprises mais je réussie toujours à me relever non sans difficulté, c’est vrai que encore en 2016 c’est un sujet mal jugé, on parle de sexe de drogue , d’orientations sexuel, de trans-genre avec beaucoup de normalité, mais avouer que nous sommes plus fragile psychologiquement est encore un tabou. Bien souvent il y a toute une histoire en arrière de cela . MAIS NOUS SOMMES ENCORE AUJOURD’HUI POINTÉ DU DOIGT. MAIS JE PEUX DIRE CECI PERSONNE EST À L’ABRI, QUE LEUR VIE CHANGE DU JOUR AU LENDEMAIN, ÇA PREND UN ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR,

    M Binette et M Taillefer je suis des vôtres, si vous avez des projets futurs pour faire tombé cette barrière je suis avec vous, seulement à me contacter on peut démarrer un defi

  16. Wow quel beau texte, bravo a M.Taillefer pour le beau témoignage qui va en aider beaucoup, et Félicitation a vous M.Binette pour les bons mots qui va en aider plusieurs.

  17. Il est plus que temps de comprendre qu’ aller chercher des outils pour saisir nos malaises intérieurs est sain,la santé mentale fait partie aussi du corps je dirai qu’il est même intrinsèquement lié, individuellement nos connaissances sont limitées ce pourquoi nous consultons parfois un avocat,une notaire,un médecin,un mécanicien ect…LES GENS QUI JUGENT DEVRAIS À MON AVIS FAIRE UN EXAMEN DE CONSCIENCE CAR QUAND TU POINTE DU DOIGT UN AUTRE LES AUTRES POINTENT VERS TOI, AVOIR LE COURAGE DE POSER UN REGARD SUR SES PROPRES MALAISES INTÉRIEURS EST UN SIGNE DE SANTÉ.

  18. Un texte essentiel! Merci M. Binette de transmettre le flambeau de M. Taillefer; Votre sensibilité m’a ému au plus haut point et l’entente que vous avez conclu avec votre fils me servira d’inspiration pour aborder la question du suicide et de la santé mentale avec mes proches. Mes enfants ont 19 ans et 16 ans.

  19. vous avez une plume extraordinaire…. merci pour ce beau témoignage et surtout un grand réconfort pour M. Taillefer et sa conjointe.
    tout cette médiatisation est arrivé pour une raison…. et vous l’avez très bien énoncée…. faire tomber les tabous et en parler ouvertement.
    merci et continuez votre excellent travail 🙂

  20. M. Binette, j’emprunterai ici votre phrase, d’un père à un autre….mais ici, d,’une mère à un père….Bravo , bravo,bravo!!! Maman de 2 ado, fille et garçon, avec problème de santé mentale….mais sans cachette ni tabou….Les différents chemins que nous empruntons pour mener à bien notre vie et offrir à nos enfants le droit et la possibilité de se réaliser son multiples et parfois sinueux…..Des évênement tristes et douloureux surviennent même quand on est averti, sensible et informé….Mon beau grand garçon à l’âge de 15 ans, à lui aussi, faïlli…oui faïlli et ce malgré une visite la veille chez la pédopsy qui le suivait…..Dans la foulée de la triste nouvelle du fils de M, Alexandre Taillefer, il met en lumière un problème beaucoup plus grand que nature…La difficulté de parler ouvertement du mal de vivre, des problèmes de santé mentale, du besoin de consulter….Comme famille , nous avons choisi d’en parlé ouvertement et de s’afficher….Du même fait, aller consulter , dire que l’on voit un psy ou discuter de nos problématiques est aussi naturel pour notre famille que d’aller chez le coiffeur…Vivement la communication! Vivement la différence!!! Et vivement la VIE!!!!

  21. Un texte extraordinaire , une grande ouverture de cœur ! Merci M. Binette pour ce témoignage très touchant .

  22. Bonjour à vous!!! J ai grandie avec une mère qui était malade depuis ma naissance!!! J ai été longtemps à me demander sais quoi ma mère a t elle, puisse qu elle entendait des voix et à plusieurs reprise, elle quittais des jours pour a hôpital, j était très inquiète!!!! Avez vous pensé comment s était difficile pour un enfant de comprendre tout l ambleur de la maladie mental, quand personne ne t expliquais l ampleur de la maladie!!!! Je suis de tout coeur avec vous!!! Vous avez raison, nous devons en parler pour mieux comprendre et mieux comprendre la personne qui vie, la situation!!!! Bravo et continué votre beau travaille!!! Longue vie à vous et votre famille!!!!!

  23. ho boy ho boy bravo martin tu as si bien raison j ai une fille de 21 ans et tout vas bien moi aissi j ai une maladie mentale sa pris un certain temps
    que je me decide d aller consulter un psychiatres mais je peut vous dire j ai souffert de cette maladie pendant des année a pas dormir a moitie a cause d engoise et sa ete la plus belle chose de ma vie d aller consulté. j ai pensé aussi au suicide maintenant mes enfant et un peut de mes ami le save que je prend des medicament pour la vie et je suis bien oui il faut ecouter les petit message a mon travail j ai des jeune de 18 a 30 ans qui on des probleme et me les compte et sa me fait plaisir de les ecouter

    je vous dit un gros merci pour votre témoignage

  24. Très touchant.
    J’ai déjà fait cette entente avec mon fils de 11 ans. Précoce peut être comme sujet mais vaut mieux prévenir que guérir. Bravo pour votre témoignage qui en aidera plus d’un

  25. Accepter ce qui est pour reprendre confiance en la vie

    Comme pour des milliers de Québécois, le témoignage public d’Alexandre Tailler et de sa conjointe m’a complètement bouleversé, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est quand il dit que tant et aussi longtemps que les gens auront honte de dire qu’ils consultent un psychologue ou un psychiatre, tout sera encore tabou!

    Alors, laissez-moi vous raconter…

    Je suis la cadette d’une famille de 12 enfants, orpheline de père depuis l’âge de 11 ans. Ma mère a fait tout ce qu’elle pouvait pour nous donner une éducation adéquate, mais surtout pour répondre à nos besoins primaires : avoir un toit, nous nourrir, nous vêtir, assurer notre sécurité. Inutile de vous mentionner que je ne pouvais pas me permettre une crise d’adolescence! Pourtant, malgré mon comportement irréprochable pour une ado, je disais constamment à ma mère : ne me cherche pas, je m’en vais me pendre! Oui, vous avez bien lu, je lui disais cette phrase à répétition, parce que pour moi c’était banal. Ça allait de soi que le jour où je n’arriverais plus à réussir ce que j’entreprends, je me pendrais, un point c’est tout! J’avais 15-16 ans; en théorie et dans le meilleur des mondes, ma mère aurait dû me faire consulter un professionnel de la santé, mais pauvre maman, elle avait beaucoup d’autres chats à fouetter et n’avait pas vraiment le temps de s’occuper de ces niaiseries-là. J’étais en santé, je travaillais et j’étudiais à temps plein et je ne faisais pas de fièvre.

    Nous étions au début des années 80, la dépression et les maladies mentales étaient le lot de la voisine d’à côté, trop gâtée par la vie et qui n’avait qu’à se donner des coups de pieds au cul et à se prendre en main.

    Arrivé au Cégep, lors de mon cours d’éducation physique, mon professeur m’a dit une phrase banale qui résonne encore dans ma tête : toi, Francine, si tu avais été poussé par tes parents, tu avais la physionomie pour être une grande athlète olympique! Ton endurance, ta persévérance, ton physique, tout est là. Quel beau gâchis! BANG! BANG! BANG!

    Ce jour-là, ma vie a été centrée sur cette phrase : je ne gagnerai peut-être jamais de médaille olympique, mais je vais toujours être dans le top des tops. Je vais faire de la performance le point central de ma vie!

    • Un Bac en criminologie
    • Un poste de VP aux finances dans l’entreprise familiale pendant 25 ans
    • Un enfant atteint de cancer à l’âge de 5 ans
    • 4 autres enfants adoptés à des âges différents, avec un passé différent
    • Mise sur pied de deux fondations : j’ai amassé plus de 12 millions pour les enfants et les jeunes adultes atteints de cancer
    • Accompagner plus de 27 enfants et jeunes adultes dans la mort, dont plus de 10 sont décédés dans mes bras
    • Mise sur pied de diverses compagnies : technologie, fantaisies, fruiteries
    • Auteure de deux livres et de divers billets d’opinion sur la vie en général
    • Deux fois personnalité de la semaine de La Presse

    Et durant toutes ces années et tout ce cheminement, je n’ai versé au grand maximum qu’une vingtaine de larmes tout au plus lors des funérailles de ma mère. On ne pleure pas quand on est en contrôle de sa vie!

    Puis arrive l’été de mes 48 ans.

    Déceptions professionnelles, échec financier retentissant, fatigue intense.
    Incapable de me concentrer, incapable de continuer à courir.
    Incapable de performer, vomir tous les matins, me réveiller à 2h00 de la nuit sans être capable de m’endormir de nouveau.
    Commencer à être émotive pour tout et pour rien, avoir les yeux pleins d’eau constamment et surtout sentir le plancher s’écrouler sous mes pieds… Je n’ai plus de contrôle sur rien!

    Ça a été le début d’une très grande descente, une chute vertigineuse dans un précipice dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Ma réaction? Je ne veux pas être la moitié de moi-même! Il est hors de question que je ne puisse pas continuer de performer comme je l’ai toujours fait! C’est ma vie, c’est ma génétique… je ne suis pas une looser! Le mot BURN-OUT est tellement synonyme de faiblesse, ce n’est pas pour moi!!!!

    C’est alors que mon vieux plan d’adolescence a refait surface : où tu vas Francine? Je vais me pendre!

    C’est en novembre dernier que j’ai commencé à planifier ma sortie.
    Mon mari est exceptionnel, il n’aura aucune difficulté à se trouver une autre amoureuse.
    Mes fils sont maintenant autonomes, ils vont pouvoir s’organiser seuls, sans la présence d’une mère qui ne sourit jamais.
    Ma fille de 12 ans a un père et des frères qui vont l’aimer et la protéger, elle a la chance d’avoir des tantes et une marraine qui vont facilement pouvoir jouer mon rôle auprès d’elle.
    Le fruit de mes polices d’assurance garantit l’avenir de toute ma famille et les rendra autonomes pour faire ce qu’ils veulent, sans rendre de compte à personne.

    Pendant ce temps, moi, je vais cesser de souffrir. Je vais pouvoir dormir paisiblement pour la première fois de ma vie! Je ne serai plus jamais torturée par ce besoin de performer. Acte de courage ou lâcheté, je ne voulais surtout pas me poser la question!

    Le 16 janvier 2016, c’est la journée que j’avais choisie. Profondément convaincue que c’était la seule chose à faire, ma seule porte de sortie, l’heure et l’endroit étaient planifiés. J’avais pensé à tout. En fait, je croyais que j’avais pensé à tout. Mais je n’avais pas pensé à ma chance incroyable d’avoir une famille et un réseau d’amis qui avaient assistés à ma chute spectaculaire. Cette journée-là, ils ont mis en commun tout leur amour, ils m’ont tendu la main, ils m’ont laissé pleurer et crier. Ils m’ont laissé verser les larmes que je n’avais pas versées depuis 48 ans, puis ils m’ont conduite à l’hôpital. Je me suis laissée faire comme une jeune adolescente, j’ai mis les genoux par terre et j’ai accepté d’être aidée, malgré ma honte d’avoir échoué ma vie et de montrer enfin ma vraie nature de femme fragile.

    Trois mois se sont écoulés depuis. Je suis suivie par une psychiatre, je vois une psychologue, je parle de mon état de plus en plus ouvertement. Malheureusement, mon instinct me fait encore employer le mot LOOSER pour décrire mon état, ce qui met en colère mon entourage vous vous en doutez bien. Malgré le grand pas que j’ai franchi, admettre à moi-même que je suis malade dans ma tête et dans mon cœur est terriblement difficile. Il me reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire sur moi-même. Le travail de toute une vie, diront certains, et je les crois!

    L’amour de ma famille, l’écoute de mes amis, mes 5 enfants qui ont plus besoin de moi que je l’avais cru, ces jeunes malades que j’accompagne combiné à ma thérapie m’ont permis de croire que la vie n’était finalement pas une game de performance.

    La maladie mentale frappe tout le monde : la maladie mentale, c’est souffrant, c’est sournois, c’est terrible à vivre pour soi et pour tout l’entourage…

    Si mon témoignage peut vous aider à ouvrir les yeux sur vos proches, sur leur comportement différent, leur mal de vivre, leur appel à l’aide souvent silencieux avant qu’il ne soit trop tard, il aura valu la peine que je mette mes tripes sur la table. Je mets de côté ma fierté pour vous rejoindre en toute humilité et en toute véracité pour que vous sachiez que même les plus forts peuvent souffrir et tomber au combat. J’ai encore de la difficulté à l’admettre, mais sans la vigilance et l’amour des miens, je ne serais plus là pour témoigner, la tête haute malgré tout, que la vie vaut la peine d’être vécue, même quand elle est difficile et douloureuse.

    Je termine sur une pensée qui me guide aujourd’hui : Il arrive un moment dans la vie où on croit que tout est fini, alors que c’est en fait le début d’autre chose de meilleur.

    1. Mme Laplante,

      Votre histoire me touche vraiment beaucoup. Peut-être parce que contrairement à vous, je n’ai pas fait ce parcours tout à fait exceptionnel et admirable que ce que vous avez, sommes toutes, réussis à réaliser dans votre vie. Je m’imagine que sans vous en rendre compte, vous avez réussi à transformer cette énergie négative qui était en vous depuis toujours, en quelque chose de grandiose et remarquable et qui fut aidant et donnant aux autres. Même que ça fut au détriment de votre propre vie en quelque part, toutes ces années.

      Pas plus tard qu’hier, mon thérapeute me faisait cette réflexion, que d’essayer de m’imaginer que si je pouvais transformer cette colère et cette peine, ce mal de vivre incommensurable qui m’habite et m’enlève toute mon énergie, à tenter de le transcender en quelque chose de positif et l’utiliser comme un moteur… De le voir comme une opportunité au lieu de le voir comme une défaite. Chose que vous semblez avoir fait depuis un bon bout, peut-être sans vous en être rendu compte ?.Alors ne serait-ce que pour ça, dites-vous que vous avez déjà fait beaucoup… Alors si, avec tout ce que vous avez accomplis, malgré tout, vous vous traitez de ‘’looser’’ alors moi dans ce cas, je serais vraiment le dernier des derniers…Car mon parcours est au antipodes du votre.

      Mais je sais que ce n’est pas tout, et que maintenant il est temps de prendre soin de vous. Si vous avez réussi tout ça pour d’autres, vous devriez être capable de le faire pour vous. Je vous le souhaite de tout cœur. Tout comme moi j’aurai à relever ce défi qui pour l’instant m’apparaît insurmontable. Mais j’accepte l’aide qu’on me propose, et trouve des sites comme ici, ou pouvoir parler et échanger de ces choses-là, me semble un signe encourageant et positif pour moi, pour nous ! Je prends tout ce qui passe.

      Je pense que vous Mme Laplante et Martin Binette, entre autres, vous seriez des candidats intéressant à recevoir à l’émission de Tout le monde en parle, pour parler et démystifier des préjugés qui entourent les maladies mentales. Je vous perçois comme deux personnes avec des parcours de vies, qui feriez une belle suite au passage d’Alexandre Taillefer à cette même émission. Je vous invite tous les deux, ou quiconque ici, à y méditer.

      En terminant, ma petite phrase à moi et qui m’aide, proche de la vôtre, c’est celle-ci. Elle est en anglais, et je vous laisse le soin d’en faire vous-même la traduction.

      “Sometimes when things are falling apart, they may actually be falling into place.”

      1. Bonjour M. Lachapelle.
        Premièrement, veuillez m’excuser pour le délai de réponse. La dernière semaine a été très forte en émotion et très occupé suite à la publication de mon texte.

        Deuxièmement, merci de témoigner si ouvertement de votre condition actuel. J’admire votre courage et votre humilité. Je vous lève mon chapeau. Si ce site peux vous aider de quelque façons que ce soit, j’en suis fort heureux. N’hésitez à poursuivre le dialogue. Vous êtes un homme courageux.

        Troisièmement, merci de votre support pour ce petit projet. Votre soutien est si important à la réussite de notre mission : parler sans tabous de santé mentale.

        N’hésitez pas à communiquer avec moi si vous avez des questions ou si vous voulez en parler.

        Bonne journée et à nouveau. Merci

        1. Bonjour M.Binette,

          Nul besoin de vous excuser ! Vous en faites déjà beaucoup ! Mais je vous remercie pour l’encouragement et le support que vous nous offrez tous, et à moi tout spécialement. À lire les commentaires ici je vois que plein de gens souffrent et je vois les dommages collatéraux que Certaines personnes peuvent avoir vécu et c’est absolument déchirant et injuste. Briser les tabous et en parler peut faire toute la différence. Vous visez juste !

          Je vais dire comme Mme Monique Lessard l’a dit plus haut. Je pense que votre implication contribue à sauver des vies ! Bravo encore et un gros MERCI !

  26. En octobre dernier 2015, mon fils a perdu sa bataille contre ses démons intérieurs, à l’aube de ses 17 ans. Un gamin extraordinaire, brillant, drôle, attentionné, aimé et apprécié de tant de gens… et pourtant si malheureux à l’intérieur. Il est extrêmement difficile de départager le mal de l’adolescence du mal de vivre, leurs émotions et leurs pensées s’entremêlent tellement, comment s’y retrouver. Nous discutions de beaucoup de choses lui et moi, parfois des choses qui le concernaient personnellement, parfois concernant d’autres personnes. Rien n’était tabou, pas même le suicide. Cependant, je n’ai jamais pensé que lui irait jusque là, qu’il avait ce plan B en tête. J’espérais l’accompagner aux portes de l’âge adulte. Je pensais qu’une fois débarrassé du virus de l’adolescence, il serait plus réceptif à l’idée de se faire aider de façon professionnelle, parler à quelqu’un qui serait en mesure de l’aider à comprendre et à soigner son mal. Il voulait s’en sortir seul et m’a semblé y arriver durant un temps. Et puis il y a eu une journée de trop, une heure de trop, un instant de trop, et tout a basculé. Des centaines de jeunes basculent chaque année, plongeant ainsi des milliers de personnes dans le deuil. La mort d’un enfant est inadmissible, contre nature. Comment penser qu’il puisse ressentir un tel désarroi pour mettre fin à sa vie. Merci infiniment d’avoir partagé un fil de votre histoire, car ce n’est que de cette façon, en parlant, en écoutant, en accompagnant tous ces gamins si fragiles, qu’ils auront de bien meilleures chances de vivre une vie remplie des belles choses.

  27. quel beau texte de solidarité humaine! merci de le partager avec M. Taillefer et sa conjointe mais aussi avec nous.

  28. J’ai partagé votre lettre et voici ce que j’ai écrit comme commentaire :
    parlons ouvertement de la santé et des maladies mentales…Parlons des psy, parlons des traitements, parlons en….faites comme Martin Binette et faites un pacte avec vos ados….lisez son texte, touchant et inspirant…

  29. Vos mots me touchent.
    À son tour ce texte inspire.
    Et appelle à de vraies conversations
    avec ceux que l’on aime.
    Merci.

  30. Merci pour le partage et moi aussi je je cois que m.et mme taillefer à touché beaucoup de gens et moi en particulier .ce que je dit à mes enfants à se sujet c est si un de vous mourrait je mourrait moi aussi à quel que part à l interieur et mes sympathies à eux,il ont beaucoup de courages …

  31. Le tabou et la stigmatisation est créé avant tout par la peur de perdre son emploi. Parce que ce sont les employeurs qui ont à être sensibilisés sur la question de la maladie mentale. Avez-vous déjà eu à répondre aux questions d’un assureur ? suite à une dépression ? J’ai eu la chance d’avoir un employeur conciliant pendant cette période de ma vie. Je lui serait toujours reconnaissante de sa patience.

  32. Peut-être est-ce un signe que je tombe aujourd’hui sur votre texte, puisque ce mercredi aura lieu un qui a le même but ultime que votre texte: parler de ce dont on ne parle pas. En effet, mes collègues de classe et moi-même travaillons sur un projet entrepreneurial depuis des mois, soit Le Spectacle-Conférence.
    De micro-conférences jumelés à des numéros artistiques s’enchainent pour traiter de divers sujets tels que les problèmes d’estime, l’acceptation de soi, les drogues et la dépression, les orientations sexuelles, l’anxiété, la violence, etc. Le plus beau dans tout ceci, c’est que ce sont des jeunes qui parlent ouvertement à des jeunes de ce dont ils ont vécus. J’admire leur courage et leur dévotion face à cette mission qu’ils se sont fixée: faire taire les tabous.

    À tous ceux qui liront ce commentaire, nous vous accueillerons avec plaisir mercredi le 27 avril à compter de 19h30 au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières. Pour plus d’informations, rejoignez nous sur Facebook (https://www.facebook.com/LeSpectacleConference), sur Instagram (@lespectacleconference) ou sur notre site web (http://spectacleconference.wix.com/site).

    Pour nous, la différence est un atout. Ensemble, refoulons les tabous.

  33. Merci! A vous deux!

    Enseignante au secondaire, je constate, j’interpelle, je crie aux directions, car trop de jeunes se détruisent et posent des gestes! Ils se confient parfois aux enseignants…mais aucune ressource… Triste trop triste! Quand allons nous nous lever et exiger la protection de nos enfants! Notre société abandonne ses enfants et ses personnes âgées. Elles ne rapportent pas! Que de ressources gaspillées!

  34. Mon père s’est suicidé quand j’avais 8 ans. J’aurais bien aimé avoir un pacte avec lui comme vous avez eu la sagesse de le faire. Merci de ce témoignage qui permet de parler de se sujet encore tabou.

  35. Le message le plus important de M. Taillefer me semble être celui de sa résilience assumée ainsi que celle de son épouse et de leur fille. Je commenterai le geste de M. Taillefer ici mais nous sentons bien qu’ils sont tous les trois fortement solidaires dans la démarche de M. Taillefer. La ligne du temps est unique et diverse à la fois. Comment concilier nos choix d’utilisation de ce temps si précieux ? En assumant les conséquences de nos choix et en décidant de modifier la suite ! C’est ce qu’a fait M. Taillefer en parlant du décès par suicide de son fils comme d’un échec important pour lui. Ce n’est pas la fin pour M. Taillefer, c’est le début de la poursuite de sà vie et de celle de son fils. Et le succès de la suite de la vie de M. Taillefer sera aussi celui de son fils qui sera perpétué dans ce prolongement d’une vie physique arrêtée mais d’une symbiose spirituelle complète entre les deux (les quatre)8. M. Taillefer portera le geste de son fils comme l’inversion d’une impulsion qui aurait pu être négative mais qui sera devenue porteuse de vie grâce à sa volonté d’en faire une expérience qui concourt au plus grand bien personnel et commun. Il y a de l’humilité dans le suicide, celle d’admettre l’incapacité de se battre ou encore l’impuissance de faire face à l’adversité ainsi que la crainte d’être un boulet pour les autres. Il est préférable de chercher d’autres solutions mais parfois, le geste fatal précède la logique. C’est la conséquence du désarroi et rien d’autre qui pousse un humain à mettre fin à ses jours. Être un modèle constant dans l’humilité sera aussi difficile pour M. Taillefer et exigeant pour lui que d’être le fils de ce modèle l’aurait été pour son enfant. Mais ce modèle en symbiose est devenu porteur de vie partout où les actions de M. Taillefer le mèneront. Nous sommes chanceux de compter M. Taillefer parmi notre cohorte d’hommes d’affaires symbolisant une certaine réussite. Il deviendra maintenant un exemple de réussite certaine…et complète parce que plus humaine ! En ce sens, son passage à TLMP sera dorénavant considéré comme un jalon important dans l’histoire de la lutte aux maladies mentales surtout parce que, et n’en doutons pas, c’est sûrement lui et lui seul qui aura demandé à M. Lepage de poser la question concernant ce sujet tellement tabou. Et son geste aura permis, en même temps, de survoler la douleur de ceux qui restent. Merci M. Taillefer. Et merci à vous aussi M. Binette d’offrir cette tribune pour échanger à ce sujet. Continuons tous à chercher le plus grand bien, c’est la source qui nourrit la vérité et l’authenticité. J’autorisé la diffusion de mon adresse courriel à quiconque en fera le demande.

  36. Merci pour votre partage te sensibilité! J’ai un fils de 12 ans qui après discussion, m’a admis vivre du rejet à l’école depuis quelques mois et avoir des pensées suicidaires parfois! J’ai immédiatement proposé à notre fils de consulter et nous avons RV dans quelques jours chez la psy. J’ai décidé de rentrer plus tôt du travail pour quelques temps afin qu’il ne soit pas seul en rentrant de l’école! Vous dire le nombre incalculable d’amis et de proches qui me disent que mon fils a besoin d’attirer l’attention, qu’il exagère, qu’il n’est pas sérieux, qu’il a entendu à la télé….!!!!!!!! Je suis impressionnée à quel points les gens sont insensibles et/ignorants…cela me rend bien triste

  37. Ca fait 10 ans cette année que Jean, mon frère, père de famille, fils, ami, s’est enlevé la vie. Merci de le maintenir en vie avec des conversations utiles, saines, sans jugements, avec paix et amour.

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Martin Binette

Martin Binette vit avec la maladie mentale depuis la jeune vingtaine. Grâce aux bons soins de son médecin-psychiatre et du support de sa famille, il a la chance de vivre aujourd’hui, une vie saine et équilibrée tant au niveau personnel, social que professionnel.

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