Garde espoir, bientôt ça ira mieux

Anne Flamand

Anne est passionnée de tennis, toujours à l'écoute des autres et si on la cherche c'est qu'elle se promène avec son chien (l'une de ses meilleures thérapies). Il y a 6 ans, à l'âge de 19 ans, le diagnostic tombe : trouble bipolaire et anxiété généralisée. La maladie mentale fait maintenant partie d'elle à chaque jour. Elle apprend à bien vivre avec tout ça en faisant de son mieux au fil du temps.
Anne Flamand

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J’aimerais te dire que je te comprends.

Quand tu dis que tu veux mourir, je te comprends.

Car moi aussi depuis un certain temps, j’imagine parfois les choses ainsi. Et tu le sais autant que moi que c’est lourd à écrire et c’est lourd de le penser.

Prends cinq minutes pour lire ces prochaines lignes jusqu’à la fin car même dans les périodes sombres d’une vie, même dans les plus sombres, il y a un soleil caché qui va finir par se pointer le bout du nez.

Je te le promets!

Depuis quelques temps je cohabite avec un mal invisible qui m’affaiblit de plus en plus. Pendant quelques semaines au début, mais à présent on est rendu à quelques mois.

D’ailleurs, je ne croyais pas, lorsque ça a commencé en octobre, qu’au mois de mars je serais toujours aussi mal au fond de moi.

Ce n’est pas parce que j’ai l’air de bien aller que je vais bien.

Je dis rarement des phrases du genre : « je ne vais pas bien », alors si je le répète à chaque jour, et parfois même plusieurs fois par jour, c’est que c’est vrai.

L’heure est grave dans ma tête.

Dans les derniers mois j’ai été chercher beaucoup d’aide, accumulant les rendez-vous avec ma psychiatre, ma psychologue, mon hypnothérapeute et mon médecin de famille.

J’ai aussi pris beaucoup de marches et j’ai commencé à faire de la méditation. Je me suis confiée en masse à mon amoureux, ma famille et à mes amies.

J’ai aussi fait beaucoup d’introspection pour essayer de mieux me comprendre. Je suis allée me faire masser, car ça me fait du bien et j’ai mangé peut-être un peu plus de cochonneries qu’à l’habitude et c’est ben correct comme ça.

En date d’aujourd’hui, j’ai une peur immense. Une peur qui me gruge par en-dedans.

J’ai la chienne car je travaille tellement fort pour aller mieux et ça ne paraît pas assez à mon goût.

Je suis en arrêt de travail, mais je travaille tellement fort pour aller mieux. J’y mets tellement d’efforts, que je te jure que je prends pas des vacances payées. De toute façon, l’argent qui rentre n’est vraiment pas énorme. Je suis pénalisée de ne pas travailler alors non, ce ne sont définitivement pas des vacances.

Je me repose c’est différent, et bien honnêtement je n’ai pas le choix. Je dois me mettre en priorité. Mettre ma santé mentale en priorité et accepter que sur mon échelle de priorité, ma vie financière et ma vie professionnelle ne soient pas aussi haut que je le voudrais.

Je n’ai pas le choix; si je ne prends pas le temps de me guérir personne ne pourra le faire à ma place.

Je dois me mettre en priorité et prendre du temps pour moi.

Prends cinq minutes pour lire ces prochaines lignes jusqu’à la fin car même dans les périodes sombres d’une vie, même dans les plus sombres, il y a un soleil caché qui va finir par se pointer le bout du nez.

Anne Flamand

Alors toi, toi qui lis ceci et qui ne va pas bien, même si on ne vit pas les mêmes choses, je te comprends et je te crois quand tu dis que tu ne vas pas bien et que tu as besoin d’aide.

T’as pas le choix de te faire aider et d’en parler.

Ce n’est pas une solution de vouloir en finir. Ce ne serait que de trouver une solution permanente à un problème temporaire.

Et oui c’est temporaire, même si ce « temporaire » dure depuis vraiment très (trop) longtemps à tes yeux.

Fais-toi aider par des professionnels et par les personnes à qui tu as confiance. Parle de ce que tu vis avec eux en toute transparence et surtout sans honte.

Tu n’as pas à avoir honte, tu ne fais pas exprès pour te sentir si mal.

Et toi, toi qui lis ceci et qui va bien, mais qui a un proche qui t’a confié qu’il n’allait pas bien, prend-le au sérieux.

Fais tout en ton possible pour l’aider, ne serait-ce que d’une façon si minime soit-elle. Tu peux faire tellement de choses pour lui.

Aller chez le médecin avec lui. Te rendre avec lui à son premier rendez-vous chez son psychologue et l’attendre à la sortie.

Lui faire un câlin aussi long que nécessaire. L’écouter et sécher ses larmes au besoin.

Amène-le souper à son resto favori. Amène-le faire un tour d’auto comme il aime en faire avec ses chansons préférées dans le tapis.

Paie-lui un café. Accorde-lui du temps de qualité.

Dis lui qu’il peut t’appeler même en pleine nuit s’il a besoin d’aide. Donne-lui des ressources où il peut appeler s’il est en crise.

Offre-lui une épaule où il peut s’appuyer ne serait-ce qu’une petite heure. Donne-lui une boîte de kleenex si les larmes ne font que couler ou encore fais-le rire en disant des niaiseries.

Tu peux faire tellement de choses pour lui.

Et toutes ces choses-là pèsent beaucoup dans la balance quand tu as besoin d’aide.

Et toi qui souffre, fais tout en ton possible pour aller mieux. Essaie tout ce que tu peux.

N’arrête jamais.

Si tu abandonnes, tu ne verras jamais le soleil qui est là derrière toute cette tempête.

Je te promets qu’il y en a un et il va finir par se pointer le bout du nez. Les efforts finissent toujours par payer même si parfois ça prend beaucoup de temps.

Garde espoir, bientôt ça ira mieux!

2 comments

  1. Chère Anne, je ne saurais dire mieux que tu ne l’as fait toi-même, combien chacun de tes mots est juste. Merci de ce témoignage. S’il me rejoint autant, c’est que nous ne sommes pas seules. C’est merveilleux et tragique tout à la fois. Prends bien soin de toi.

    1. Allo Stéphanie,
      Je suis très touchée par tes mots. Merci d’avoir pris le temps de m’écrire. Prends soin de toi et surtout… garde espoir!!

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Anne Flamand

Anne est passionnée de tennis, toujours à l'écoute des autres et si on la cherche c'est qu'elle se promène avec son chien (l'une de ses meilleures thérapies). Il y a 6 ans, à l'âge de 19 ans, le diagnostic tombe : trouble bipolaire et anxiété généralisée. La maladie mentale fait maintenant partie d'elle à chaque jour. Elle apprend à bien vivre avec tout ça en faisant de son mieux au fil du temps.

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