L’autisme et la santé mentale d’une maman

Fanny Cyr
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Collaboratrice chez Entre les Deux Oreilles
Fanny Cyr est maman d’un garçon autiste. Travaillant dans le domaine de la santé depuis plusieurs années et vivant elle-même avec une maladie mentale, elle est très sensible et empathique envers ces personnes.
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La détresse des mères d’enfants autistes est alarmante selon une étude de Catherine des Rivières-Pigeon. Sur 180 mères recensées, 40% d’entre elles répondaient aux critères d’un taux de détresse élevé.

D’après mon vécu de maman d’un enfant autiste, je crois que ces mères n’ont pas simplement à faire le deuil de l’enfant rêvé ou à accepter que leur enfant soit différent. Elles ont à survivre à des comportements très difficiles à gérer et hors normes. Ces enfants ont souvent des désorganisations importantes dû à une incompréhension des situations. D’un simple changement de routine à un stimuli au niveau auditif ou visuel qu’ils ne peuvent tolérer, les raisons sont multiples pour semer le chaos dans leur cerveau. Parfois certains de ses enfants n’ont aucun langage verbal. La communication peut être très difficile. Malheureusement leur cerveau est fait comme ça. Rien ne peut le changer. Aucun médicament. La médication peut simplement aider à diminuer certains comportements problématiques. Les thérapies cognitives ont de très bons résultats, mais souvent elles arrivent trop tard dans la vie d’un enfant avec tous les délais d’attente dans notre réseau de la santé ainsi que les conséquences des coupures de services spécialisés dans notre système d’éducation.

Certaines mères en viennent inévitablement à développer une maladie mentale. Car le stress qu’elles vivent au quotidien est très intense.

Les mères doivent s’adapter à leur monde qui est très rigide et fragile. Ils en deviennent de vraies spécialistes de l’intervention. Tout cela est très difficile, au point de mettre en péril leur santé mentale. Elles en viennent au point de s’oublier elle même. Elles sont en état de survie quotidiennement. À travers les crises, les comportements difficiles de leur enfant, les rendez-vous hebdomadaires, l’attente de diagnostic et de services, le manque de ressources. Entre l’inquiétude, la peur de l’avenir, la culpabilité, le jugement des autres, la solitude, l’incompréhension, les difficultés financières. Sans oublier, le sentiment de ne pas être à la hauteur et d’être seule au monde, certaines mères en viennent inévitablement à développer une maladie mentale. Car le stress qu’elles vivent au quotidien est très intense.

Il y a un an, épuisé de vivre quotidiennement avec l’autisme de mon fils depuis 15 ans, j’ai craqué. J’ai fait une dépression.

Avec solidarité, compréhension et une immense empathie je veux dire à toutes ces mamans d’enfants autistes : allez chercher de l’aide. C’est normal de craquer. Arrêtez de vous culpabiliser. Vous faites votre possible. Personne n’est fautif. Il est différent, c’est tout. Essayons d’unir nos forces pour que tous comprennent et acceptent leurs différences.

Un jour, j’ai espoir que la société cesse de nous stigmatiser. Car ils ont le droit d’être heureux. Et nous aussi.

10 comments

  1. Merci…on doit en parler…isolement, frustrations fatigue etc….on le vie à tout les jours…j’ai abandonner en janvier…je suis désabusée du système…vacances terminée je dois me donner un coup de pied au…me dit la Ts attitrée à mon dossier (programme Alliance Jeunesse avec l’école supposé plus rapide) Elle. semble encore plus écoeurée que moi des services coupés, de la misère du monde et elle se compare à moi….!!!! Elle se reconnaît surement de la façon qu’elle me dicte ce que je dois faire…Pifff mon médecin m’a prie en charge..il reste encore de bonnes personnes. Je prends donc ma vie un jour à la fois c’est amplement pour moi et mon fiston……merci à vous et toutes celles qui doit lâcher prise.

  2. Merci c’est tout a fait mon ressentie …je suis sous traitement anti-dépresseur depuis 3 semaines au bout de 4 ans de combat pour aider mon fils u mieux de faire les dossiers les rendez-vous en plus de mon boulot…fatigue stresse culpabilité angoisse peur ont eu raison de moi!!!
    Le traitement arrive au bon moment car j’étais sur le fil…mais je veux continuer à me battre car mon fils à oui c’est sur le droit dêtre heureux comme les autres…et c’est mon objectif!!!
    Merci

  3. Merci!!
    Ayant un fils de 13 ans TSA avec trouble anxieux et étant en dépression depuis 1 an, ton texte est venu me chercher. Il y a des jours plus difficile que d’autre, mais j’essaie de m’en sortir!
    Merci encore

    1. Merci vous êtes des femmes formidables….J’ai une fille de 16 ans qui est autiste avec des troubles anxieux et j”ai une TS qui me soutient beaucoup …Je suis en arrêt de travail depuis 8 mois… je suis tellement fatiguée, épuisée……et j’ai beaucoup de difficultés à vivre avec le jugement des autres c’est ce qui est le plus difficile à gérer je crois…sans parler de la culpabilité omniprésente…Bon samedi et merci pour vos témoignages xx

  4. Aller chercher de l’aide? Encore faut-il qu’on veuille bien nous aider! Après avoir lutté à peu près seule (et tout à fait seule depuis le décès de mon mari il y a 11 ans) pour le mieux-être de mon fils, j’ai fini par demander de l’aide. Je me suis heurtée aux méandres d’un systère qui ne s’y serait pas mieux pris s’il avait voulu ne pas m’aider. En fin de compte, après des années de démarches, on a fini pas assigner une intervenante à mon fils, intervenante qui ne semblait pas prendre sa problématique au sérieux et qui a fini par me dire, au bout de quelques mois d’un accompagnement risible, qu’elle n’avait jamais cru que mon fils avait besoin d’aide. Toutes les démarches pour l’aider à devenir plus autonome, c’est en fin de compte moi qui les ai faites. J’y ai laissé ma santé physique et mentale. Pour survivre, j’ai surmangé au point de devenir obèse et diabétique. Je fais de l’asthme et j’éprouve de sérieux problèmes d’estomac. Et le sress chronique que j’ai subi depuis des années m’a conduite à souffrir d’anxiété. Bref, je suis mal en point et je suis en plus frustrée d’avoir crié à l’aide mais de n’avoir jamais été entendue. J’ai l’impression d’avoir gaspillé ma précieuse énergie pour, au final, pas grand chose.

  5. Bonjour,
    Lorsque j’ai appris que mon fils était sans doute autiste, j’ai eu l’impression que le ciel me tombait sur la tête… C’était il y 3 ans et demie. Mon compagnon et moi étions déjà confrontés au handicap et n’avions qu’une crainte: que notre fils soit handicapé.
    Du coup lorsque le diagnostic s’est confirmé, mon compagnon, qui avait pris un congé parental et avait déjà un bon terrain dépressif, s’est littéralement effondré. Et moi, qui sortais à peine d’une dépression post partum, ai tenu 3 mois avant de me retrouver en arrêt pour burn out.
    Heureusement, notre fils a été détecté tôt (2 ans 1/2), et a vite progressé dès les premières séances d’orthophonie.
    Aujourd’hui il est presque “normal”, et même s’il reste les soins à organiser, les enseignants à (in)former, nous mesurons la chance que nous avons eue de le prendre en charge assez tôt, et surtout qu’il soit (sans doute) HP, ce qui l’aide grandement à compenser son handicap.
    Mais quels efforts il nous a fallu pour en arriver là !

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Fanny Cyr

Fanny Cyr est maman d’un garçon autiste. Travaillant dans le domaine de la santé depuis plusieurs années et vivant elle-même avec une maladie mentale, elle est très sensible et empathique envers ces personnes.

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