Le trouble bipolaire n’est pas une tare.

Emma Elvira
Suivez-moi

Emma Elvira

Blogueuse chez Psy'Hope
Emma est présidente fondatrice d'une association française de personnes vivant avec le trouble bipolaire. Humanitaire dans une ONG, éditorialiste sur des sites d'information, ancienne avocate et ancienne cheffe d'entreprise, défenseure des droits des animaux, elle est aussi créatrice de plusieurs blogs et pages Facebook, dont le blog Psy'Hope.
Emma Elvira
Suivez-moi

Les derniers articles par Emma Elvira (tout voir)

On nous bassine avec la souffrance que nous « endurerions ».

On « souffrirait » du trouble bipolaire.

On serait « atteint » d’une « grave maladie » « incurable ».

On nous parle de « traitement à vie » avec une mine dépitée.

On nous parle d’« handicap ».

On nous traite d’« invalide ».

Bientôt, avec les progrès de la génétique, que conseillera-t-on aux femmes enceintes dont le foetus sera porteur des gênes le prédisposant au risque d’avoir un trouble bipolaire ?

Vraiment ? Vraiment une tare ?

Et si c’était une chance ? Un cadeau du ciel ? Le sésame pour avoir une vie bien plus riche que la moyenne ?

De ressentir tout plus fort, plus beau, plus intense à condition de maîtriser ces flux d’émotions.

Et si la clef c’était seulement de savoir maîtriser, de dompter ce fonctionnement de notre cerveau s’apparentant à un cheval fougueux ?

Et si c’était seulement qu’une histoire de maîtrise, domptage ?

Vous en doutez ?

N’avez-vous jamais entre aperçu l’œil un peu jaloux de ceux sans « tare » qui ne savent pas s’enthousiasmer autant que vous, qui ne savent pas déclencher le plaisir en eux, qui vivent les choses moins fortes malgré tous leurs efforts ?

Ils ont beau vivre des choses parfois extraordinaires, cela ne leur sert à rien, rien ne se déclenche, pas d’étincelles, c’est plat.

Alors que nous, quel bonheur, la vie est tellement intense si nous savons canaliser la fougue qui s’empare de nous dès qu’une chose est belle.

Je vous assure, nous sommes jalousés.

Certes, nous ressemblons à ces canaris que les mineurs emmenaient avec eux pour détecter les émanations de méthane dans les entrailles de la terre, comme l’a rappelé Sam Deltour, explorateur polaire, psychiatre en formation et membre du Groupe du Vendredi (une plateforme politique pour jeunes d’horizons divers). Du fait de leur hypersensibilité, ils perdaient rapidement connaissance en présence de faibles concentrations de grisou, avertissant ainsi les mineurs du danger imminent.

Mais, cette métaphore, si pertinente soit-elle, n’est pas suffisante à nous définir.

Comme ce dernier le rajoute d’ailleurs : « Je ne vois pas mes patients comme de petits canaris vulnérables. Ils sont à mon sens ceux qui sont inconsciemment suffisamment courageux et forts pour exposer quelques points sensibles de cette société. »

Et, s’il était juste question d’apprivoiser nos emballements, exaltations, pétulances, ardeurs, exubérances, flammes et passions ?

Pour être totalement heureux, voire plus que la moyenne.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Emma Elvira

Emma est présidente fondatrice d’une association française de personnes vivant avec le trouble bipolaire. Humanitaire dans une ONG, éditorialiste sur des sites d’information, ancienne avocate et ancienne cheffe d’entreprise, défenseure des droits des animaux, elle est aussi créatrice de plusieurs blogs et pages Facebook, dont le blog Psy’Hope.

Style Selector

Colors

Layout Style

Patterns for Boxed Version

Images for Boxed Version