Les Petites Entrevues avec Marie-Soleil Dion

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Martin Binette

Fondateur et Éditeur en chef chez Entre les Deux Oreilles
Martin Binette vit avec la maladie mentale depuis la jeune vingtaine. Grâce aux bons soins de son médecin-psychiatre et du support de sa famille, il a la chance de vivre aujourd’hui, une vie saine et équilibrée tant au niveau personnel, social que professionnel.
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Marie-Soleil Dion est une comédienne fort talentueuse. Belle, drôle et charmante on peut la voir tant à la télévision (Like moi, Web Thérapie), sur le web (Papa), que sur les planches (Coco). Elle est également porte-parole de la campagne nationale de sensibilisation à la santé mentale Bell Cause pour la Cause depuis janvier 2016.

Marie-Soleil Dion est la quatrième personnalités (après Clara Hughes, Patrice Bernier et Karine Champagne) à participer au segment “Les petites entrevues Entre les Deux Oreilles”.


Martin Binette : Tu t’es confié lors de la dernière campagne Bell On Cause pour la Cause, à l’effet que tu as vécu un épisode de dépression à l’adolescence. Crois-tu que cet événement t’as aidé d’une certaine façon à affronter les difficultés une fois à l’âge adulte ?

Marie-Soleil Dion : Oui tout à fait. Ce fut d’une certaine façon comme une pratique pour faire face aux stress qui allaient arriver plus tard. J’ai rapidement appris à aller chercher des outils et demander de l’aide. Ultimement, ça m’a permis de me bâtir un coffre à outils pour m’aider à mieux gérer les situations de stress et de crises.

Martin Binette : Dans le même ordre d’idée, quels sont les outils que tu utilises aujourd’hui pour minimiser l’impact du stress dans ta vie ou pour t’aider à passer au travers de situations plus difficiles ?

Marie-Soleil Dion : Même si je travaille beaucoup je m’impose des journées de congé. Je me garde des moments à moi que je protège jalousement. C’est modifier l’agenda et prendre le temps nécessaire pour relaxer et décrocher.  Que ce soit pour écouter un film, me promener en ville, passer la journée à Québec, par exemple. C’est privilégier du temps pour soi. C’est aussi dire « non » à certaines demandes, ce que je ne faisais pas avant. Auparavant je ne prenais pas de moments de pause ou d’arrêt. Maintenant, je n’hésite plus à dire « non », surtout si la demande tombe sur une journée bloquée et protégée à mon agenda. En somme, dire « non » et prendre des congés sont des outils que j’ai acquis au fil du temps.

Martin Binette : Comment as-tu été approché pour être porte-parole de la campagne Bell On Cause pour la Cause et quel message particulier désirais-tu adresser?

Marie-Soleil Dion : En fait Bell Cause ont approché plusieurs artistes pour faire des petits vidéos sur le thème de la santé mentale et ils ont bien apprécié le mien. Ils m’ont donc demandé par la suite d’être l’une des porte-paroles de la campagne. Bell Cause désirait élargir ou modifier le spectre de la campagne pour tenter d’atteindre plus de gens. Oui, il y a des maladies mentales très très graves et des gens vivent avec ça toute leur vie au quotidien, mais il y a aussi des épisodes qui se résorbent ou des gens qui vivent très bien avec la maladie le restant de leur vie. Ils voulaient donc interpeller les gens avec des problèmes de santé mentale plus « mineurs » pour les inciter à demander de l’aide et lancer un message qu’il est possible de s’en sortir.

Moi j’ai eu un épisode de dépression à 16 ans et j’ai trouvé des solutions. J’ai demandé de l’aide et je m’en suis sorti et depuis je ne vis pas avec un problème de santé mentale au quotidien. Mais si je n’avais pas agi j’aurais pu tomber dans un tourbillon et être aujourd’hui encore dans des mauvaises dispositions. Le message est donc : plus tôt tu vas chercher de l’aide, tu vas pouvoir guérir ou du moins apprendre à vivre avec la maladie.

Martin Binette : Comment as-tu vécu ton expérience en tant que porte-parole ? Difficile? Exigeant? Gratifiant?

Marie-Soleil Dion : Je n’ai pas trouvé ça dure, j’ai trouvé ça le fun. Rencontrer plein de monde. Entendre plein de gens se confier. Sentir aussi qu’en arrivant dans l’équipe, Etienne Boulay et moi pouvions avoir une influence positive sur les jeunes. C’est gratifiant. D’essayer de faire en sorte que les jeunes participent à cette journée, qu’ils se sentent interpeller par le message; c’est un beau défi. C’est certain que c’est des journées intenses, mais si mon histoire permet à des jeunes d’aller chercher de l’aide, c’est certainement utile à mon avis.

Martin Binette : As-tu eu une petite peur ou une certaine réticence à participer à la campagne, par crainte que de dévoiler ton histoire puisse avoir un impact négatif sur ta carrière?

Marie-Soleil Dion : C’est curieux mais ça ne m’a pas traversé l’esprit. C’est certain qu’il y a encore des tabous autour de la maladie mentale, mais peut-être que le fait que mon épisode s’est produit il y a plus de 15 ans fait en sorte que ça n’a pas influencé ma décision. Mais j’avoue que si j’avais une maladie mentale active et que j’avais des épisodes super dark ou que j’avais de la difficulté à sortir de la maison, j’aurais surement eu plus de difficultés à en parler. Parce qu’effectivement j’aurais peur que ça me nuise au travail et dans ma carrière. Parce qu’il y en a de la stigmatisation autour des maladies mentales, faut pas s’en cacher, mais pour moi j’ai pas eu à me poser cette question.

Martin Binette : Finalement, si tu avais un seul message à dire à un jeune de 16 ans qui vit des moments difficiles dans sa vie, comme tu l’as vécu dans ton adolescence, lequel serais-ce?

Marie-Soleil Dion : En pleine santé, à 16 ans, on pense que tout est la fin du monde. À 16 ans avec un problème de santé mentale, c’est dix fois pire. Mais ça passe. L’adolescence passe, le secondaire passe et les problèmes reliés à la santé mentale, si on en prend soin, ça passe aussi.

C’est pas vrai que l’adolescence est une belle période, au contraire, mais c’est juste le début. La vingtaine, la trentaine c’est tellement plus beau et tu vas manquer tellement de belles affaires si tu fais juste te fier à cette journée difficile de ta vie. Le fun est après.

À 32 ans, je suis tellement plus heureuse, plus belle, plus amoureuse que je l’étais à 16 ans. S’il avait fallu que je manque tout ça! C’est rough, c’est tough, mais ça passe.

D’où l’importance d’aller chercher de l’aide. Il y a aucune honte à ça, au contraire.

C’est tellement plus cool d’être en vie que d’être dans un cimetière.


Entre les Deux Oreilles remercie Marie-Soleil Dion pour cette généreuse entrevue ainsi que l’agence Cormier-Delauniere pour l’autorisation.

2 comments

  1. Bonjour M. Binette J’espère que la santé est au rendez-vous. Je lis régulièrement vos articles et les messages de vos personnalité. C’est encourageant et stimulant..

    Si vous souvenez je suis de l’organisme Réseau Ado du Québec.. Notre porte parole est Antoine Bertrand. Étant jeune il a eu des idées suicidaire. Lui aussi comme Marie Soleil il ne changerait pas vie et il heureux d’avoir vécu cette étape.. Je suis certaine s’il a le temps qu’il accepterait , Vous pouvez le contacter il aurait un beau témoignage. C’est une suggestion je ne veux pas m’imposer Continuer votre beau travail MERCI ça fait du bien même aux personnes qui ne vivent pas avec la maladie mentale

    1. Bonjour

      Merci pour les bons mots ! Excellente suggestion. Je vais tenter de rejoindre son équipe.

      Merci de lire nos textes, témoignages, entrevues. Votre support est fort apprécié!

      Bonne journée

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Martin Binette vit avec la maladie mentale depuis la jeune vingtaine. Grâce aux bons soins de son médecin-psychiatre et du support de sa famille, il a la chance de vivre aujourd’hui, une vie saine et équilibrée tant au niveau personnel, social que professionnel.

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