Lettre à ma mère

Véronique L'Heureux

Véronique L'Heureux

Femme dans la trentaine curieuse de tout, Véronique est une passionnée de l’humain en général. Borderline, anxieuse et avec un TDAH tout juste diagnostiqué, elle navigue entre ses problématiques, sa soif d’apprendre, ses hauts et ses bas. Elle adore la vie; toutes les occasions sont bonnes pour rire. Elle aime croire qu'elle peut aider les gens qui vivent avec une problématique en santé mentale en combattant les tabous et en s’exposant.
Véronique L'Heureux

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Salut maman,

Je t’écris pour te parler de ce que tu m’as dit ce soir.

Tu as voulu me faire remarquer que mes comportements alimentaires n’étaient pas les bons et je t’ai dit que tu avais raison. Je t’ai aussi répété que je faisais des démarches en ce sens et que j’essaie vraiment de contrôler mes pertes de contrôle.

Tu m’as répondu d’essayer plus fort.

Je comprends au travers de tes mots que tu es inquiète et que tu as de la misère à dealer avec tout ça. J’aimerais vraiment que tu n’aies pas à voir ça, mais je n’arrive plus très bien à me ” cacher”. (Quoique j’ai jamais vraiment réussi à me ” cacher” complètement).

Ce que je veux te dire, c’est que j’en souffre beaucoup.

La nourriture m’obsède, du lever le matin au coucher le soir. Parfois la nuit. Ça me rend malade. Je me sens vraiment en détresse et j’essaie vraiment très fort d’arrêter. Mais c’est compulsif.

J’ai voulu traiter cette problématique comme j’ai traité la drogue, mais l’ennui, c’est qu’on a besoin de nourriture pour vivre, contrairement à la drogue. Donc ça ne fonctionne pas.

J’ai travaillé avec un journal alimentaire. J’étais déjà consciente de ce que je mangeais, mais maintenant, j’arrive à dire pourquoi. Je n’arrive juste pas à mettre un stop.

Il y a toutes sortes de peurs qui viennent avec le fait d’arrêter de manger. Comme la peur de ne plus avoir de fun. La peur de ne plus avoir de béquille pentoute parce que je ne fume plus, je ne me drogue plus et je n’aime pas l’alcool.

S’il n’y a plus de bouffe, que me reste-t-il ?

La nourriture m’obsède, du lever le matin au coucher le soir. Parfois la nuit. Ça me rend malade. Je me sens vraiment en détresse et j’essaie vraiment très fort d’arrêter. Mais c’est compulsif.

J’ai contacté l’organisme ANEB (Anorexie et Boulimie Québec) qui est spécialisé dans les comportements alimentaires. Je voulais te partager ce que je leur ai écrit parce que j’ai besoin que tu constates que c’est très sérieux pour moi.

À qui de droit,

Je vous écris pour avoir des informations, mais d’abord un petit profil de moi-même pour que la situation soit claire :

Je suis une femme de 30 ans. Je mesure 5 pieds et 7 pouces et je pèse 315 lbs. J’ai un trouble anxieux généralisé, un trouble de la personnalité limite, un TDAH et je fais de l’hyperphagie. Je suis suivi par un psychiatre, une TS, une intervenante en toxicomanie. J’ai aussi un suivi de groupe intensif sur le trouble de la personnalité limite (animé par une psychologue et une travailleuse sociale). J’ai cessé de me droguer il y a presque 1 an (pot) et près d’un an et demi pour le speed.

Je suis à bout par rapport à mes troubles alimentaires. J’ai besoin d’aide. J’aimerais suivre une thérapie intensive dans une clinique interne (quelques jours, la place au Québec importe peu) puis avoir un suivi par la suite en externe. Je ne sais pas par qui ou par où passer.

J’ai regardé sur différents sites et je n’ai pas trouvé cette option.

Avez-vous des références?

Merci beaucoup pour votre temps.

Véronique ’’

Aujourd’hui, j’ai des rêves et des ambitions. J’aimerais voir l’Alaska, découvrir notre grand-nord. Faire le tour du Québec, région par région. Voyager!!

Apprendre à conduire. Aller voir des spectacles, sortir plus. Réussir à me faire de nouveaux ami(e)s. J’aimerais apprendre une nouvelle langue. Me remettre à écrire pour de bon et qui sait, peut-être même me faire publier.

Sortir de ma zone de confort. Dire OUI à la place de non.

Comme tu le sais, j’ai décidé de ne pas avoir d’enfant biologique. Par contre, si un jour je suis assez stable et complètement indépendante financièrement, venir en aide à un enfant dans le besoin me semble être une démarche tout à fait logique.

En prendre soin. L’accueillir et l’aimer. Le protéger. Lui donner ce dont il a été privé.

Tu connais ma façon de penser. Pourquoi avoir un enfant quand il y en a tellement qui sont laissé à eux même et qui n’ont rien demandé?

Ça sera ma manière de remettre à la société ce qu’elle m’a donnée.

Tout ça pour te dire que je vais bien finir par en sortir.

J’ai la motivation et les ambitions qu’il faut pour y arriver. Sans oublier que j’ai toute une équipe derrière moi, qui me supporte et qui m’aide à y voir clair!

Ça prendra le temps que ça prendra, mais je veux y arriver.

Fais-moi confiance et laisse-moi aller, s’il le faut, je te demanderai de m’arrêter.

Je t’aime!

1 Comment

  1. Merci pour votre témoignage, qui fait écho étant donné que moi aussi, je souffre de troubles anxieux et de troubles du comportement alimentaire.
    Et comme vous, j’ai toujours la volonté farouche de m’en sortir, et je témoigne “à visage découvert” pour faire tomber les préjugés sur les troubles psychiques qui nous font tant de mal !
    Je vous souhaite beaucoup de courage dans ce combat difficile, mais qui en vaut la peine

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Véronique L'Heureux

Femme dans la trentaine curieuse de tout, Véronique est une passionnée de l’humain en général. Borderline, anxieuse et avec un TDAH tout juste diagnostiqué, elle navigue entre ses problématiques, sa soif d’apprendre, ses hauts et ses bas. Elle adore la vie; toutes les occasions sont bonnes pour rire. Elle aime croire qu’elle peut aider les gens qui vivent avec une problématique en santé mentale en combattant les tabous et en s’exposant.

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