Par amour …

Lydia Migneault

Lydia Migneault

Collaboratrice chez Entre les Deux Oreilles
Spontanée, énergique, extravertie sont les mots qui décrivent le mieux Lydia. Elle adore l'art sous toutes ses formes, spécialement la photographie et l'écriture. Tantôt heureuse, tantôt euphorique, tantôt suicidaire elle nous amène dans son univers qu'est la bipolarité. Pas de tout repos! Qui sait ? Elle vous aidera peut-être à y voir plus clair et à briser les tabous.
Lydia Migneault

Les derniers articles par Lydia Migneault (tout voir)

Au revoir… Pardonnez-moi… La souffrance était trop invivable. La lumière était absente depuis trop longtemps et sincèrement je ne crois pas qu’elle aurait pu revenir un jour. Quelque chose s’est éteint en moi… Il y a quelque chose qui s’est brisée en moi. Je sais que ce geste vous semble égoïste, mais c’est la plus grande délivrance pour moi. Le paradis est sans doute plus reposant que l’enfer que je vivais ici. Je m’excuse… Sachez que je vous aime du plus profond de mon être. Je veillerai sur chacun de vous ! Maman, papa, vous avez été les meilleurs parents du monde. Merci d’avoir été là pour moi. Ne vous en voulez pas, le problème c’était moi. Je vous aime de tout mon cœur. Je serai enfin bien. J’irai me reposer loin de cette souffrance. Mon frère, tu as été le meilleur durant cette tempête, toujours là pour moi. Merci mille fois. Je veillerai sur ta famille de là-haut. Je te demande simplement d’embrasser mon neveu et de lui rappeler à quel point je l’aime. Je serai toujours là pour vous. Merci à toi aussi Jo ! Ma famille, vous avez toujours été là pour moi, mais je ne pouvais plus continuer. J’aimerais vous décrire ma souffrance, mais c’est impossible… Je crois qu’aucun médecin n’aurait pu me venir en aide. Et toi mon bel amour, celui qui m’a supporté, qui m’a tenu la main, qui m’a consolé, qui m’a fait sourire à travers mes larmes. Merci pour ces cinq merveilleuses années passées à tes côtés. Tu as rendu ma vie plus belle et plus facile. Je m’excuse de t’avoir rendu la tienne difficile. Tu es toujours resté malgré tout. Tu resteras à jamais mon premier amour de la vie. Tu mérites le meilleur. Tu mérites une femme qui s’occupera de toi comme un roi. Je t’aime tellement mon bébé ! Tu mérites de refaire ta vie et d’être heureux. Je veillerai sur toi et t’aiderai à faire les bons choix. Merci pour tout ! Et un dernier merci à tous mes amis, sans vous ça n’aurait pas été pareil. Mon histoire se termine, mais je continuerai de vivre en chacun de vous. Ne soyez pas triste, je suis enfin libérée. Je n’en pouvais plus de vivre avec ce poids. Je vous aime. Je vous embrasse. Gardez un bon souvenir de moi. On se revoit bientôt xxx !

Lydia Migneault

Ce sont mes derniers écrits avant mon séjour à l’hôpital.

Ça me met à l’envers de retranscrire ces mots, mes propres mots. Mes mots remplis d’un désespoir si profond.

Quand je me replonge dans l’état dans lequel je me trouvais, je me rends compte que ce n’était qu’une question de temps avant que je pose mon geste.

Un jour, deux jours, peut-être trois ?

La journée où j’ai écrit cette lettre, j’étais au travail en ayant la certitude que le soir venu était le bon.

Je suis arrivée à la maison et, comme à tous les soirs, je me suis couchée dans mon lit à 18h00 en pleurant toutes les larmes de mon corps. Mon chum à mes côtés ne sachant plus quoi faire et si désemparé.

Ce soir-là, mon chum a quitté pour le travail. Ne sachant plus quoi faire avec ma souffrance si profonde, je me suis dirigée dans la salle de bain avec ma lettre à la main et j’ai commencé à m’étrangler avec ce que j’ai trouvé.

Pendant un bref instant, j’ai pensé à mon amoureux : que lui arriverait-il s’il me trouvait comme ça, étendue dans la salle de bain, sans vie ? Et puis ma famille ?

J’ai tout stoppé… par amour.

L’ironie c’est que j’ai poussé mon corps jusqu’au bout. Le plus loin qu’on peut le pousser.

J’étais entêtée. Je ne pouvais croire que je devrais me faire hospitaliser pour une deuxième fois.

Pas moi ? La fille enjouée, toujours souriante, pleine de projets.

C’était un échec monumental.

Je croyais déjà avoir touché le fond et je me suis rendue compte qu’il en existe un autre plus profond encore.

J’étais rendue à un tel point que je ne pouvais plus me relever toute seule. J’étais littéralement une morte vivante.

Le lendemain, je me suis levée et je me suis dirigée à nouveau au boulot. La journée passait et je me redisais la même chose : ce soir j’en aurai fini avec cette vie !

Eh bien, cette journée ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévue.

Ayant poussée mon corps à bout, j’ai terminé mon avant-midi en crise dans le bureau de mon patron. Me retrouvant figée complètement, incapable de rien faire, ne serait-ce qu’une simple photocopie.

Heureusement, mes patrons ont été compréhensifs et je leur en remercie de tout mon cœur.

Avec l’aide de mon chum, ils m’ont convaincu de me diriger vers l’hôpital.

Chose que je n’ai pas voulu faire.

De retour à la maison, mon chum essayait de tout cœur de me convaincre. Et puis une amie m’a écrit ceci : ” Fais le pour ton chum si tu veux pas le faire pour toi !

Ça m’a figé et fait longuement réfléchir.

Mon amoureux qui partage ma vie depuis cinq ans est toujours là, près de moi sans rien demander en retour. Il est désemparé je le vois bien. Il ne sait plus quoi faire.

Il a toujours été là pour moi, je lui devais bien ça.

Par amour, j’ai fait mes valises et je me suis dirigée vers l’hôpital avec lui à mes côtés.

Ce processus a duré deux semaines et demi.

Chaque jour, mon chum était à mes côtés m’encourageant. Ma famille et mes amies sont venus me voir.

Personne ne m’a laissé tomber et ça, sincèrement, ça change tout !

Merci à vous tous !

Je suis sortie il y a quelques jours déjà.

Rien n’est magique et facile. Je trouve cela difficile. Je dois m’aider constamment et me forcer, mais je tiens bon.

J’aimerais m’adresser à toi qui lit ce texte.

Toi qui, peut-être, ne voit pas la lumière au bout du tunnel.

Toi qui, peut-être, ne voit que du noir.

Toi qui, peut-être, pleure chaque soir.

À toi qui croit désespérément que ce soir est le bon soir pour en finir.

S’il te plait, va chercher de l’aide.

Il n’y aura jamais de bon soir, parce que malgré le grand désespoir il existe toujours une petite parcelle de bonheur.

Non, tu ne la vois pas encore, mais sois patient elle va venir.

Après chaque bataille, on devient un peu plus fort et un peu plus outillé pour continuer.

Cette journée-là a changé le cours de ma vie.

Si je ne m’étais pas dirigée vers l’hôpital, je m’aurais probablement suicidée.

Chaque jour est un combat présentement, mais je sais que je finirai par gagner.

Pour les jours plus difficiles, je continue d’avancer pour mon chum et mes proches par amour pour eux.

Et je sais qu’un jour je le ferai par amour pour moi.

Mon histoire n’est pas encore terminée !


Besoin d’aide ? Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, appelez sans frais, partout au Québec, le 1 866 APPELLE (277-3553)

3 comments

  1. Je suis passée par la moi aussi. Je suis heureuse que tu aies finalement trouvé une raison de t’accrocher!
    Prend soin de toi

    1. Merci beaucoup Véronique ! Ça fait du bien de savoir que nous sommes pas seules ! Prenez soin de vous ! Xoxo

  2. Merci Lydia de partager.

    ”Chaque jour est un combat présentement, mais je sais que je finirai par gagner.

    Pour les jours plus difficiles, je continue d’avancer pour mon chum et mes proches par amour pour eux.”

    Quand J’aurai appris à apprivoiser Le Monstre avoir remplie ma vie d’outils pour qu’il soit plus ptit en moi, le monstre je le bercerai chaque jour et il vivra en moi plus tranquille. Revivre ! Car J’ai parfois l’impression d’avoir perdu ma vie à le combattre et moi aussi aprês mes nombreuses tentatives de suicide pour TUER CE GÉANT j’ai le goût de Vivre 10 vies en accompagnant maintenant LE NAIN.

    Merci de t’exprimer ainsi Lydia, ça m’a donner le goût de qqs phrases que j’ai senti le besoin d’écrire spontanément à ta façon.

    Merci encore Lydia et saches que si tu désires emprunter mes qqs mots ne te gene pas j’en serai simplement honoré.

    Du Géant au nain, je veux moi aussi m’occuper de mon monstre et quand il s’onnera Bip…Bip..(bipolaire) je t’tenterai de l’écouter. a+ Lydia

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lydia Migneault

Spontanée, énergique, extravertie sont les mots qui décrivent le mieux Lydia. Elle adore l'art sous toutes ses formes, spécialement la photographie et l'écriture. Tantôt heureuse, tantôt euphorique, tantôt suicidaire elle nous amène dans son univers qu'est la bipolarité. Pas de tout repos! Qui sait ? Elle vous aidera peut-être à y voir plus clair et à briser les tabous.

Style Selector

Colors

Layout Style

Patterns for Boxed Version

Images for Boxed Version