Quand la prise en charge se passe bien

Anonyme

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Nous avons tous notre lot de souffrances à un moment donné de notre vie.

Si plusieurs sont en mesure de la gérer et la traiter, d’autres s’en voient incapables. Pourquoi?

Ça dépend de tellement de facteurs :

  • La génétique familiale;
  • Le support des pairs;
  • La reconnaissance de notre souffrance;
  • Avoir le courage de demander de l’aide;
  • La prise en charge adéquate;

Il y a deux ans, mon fils, qui avait à ce moment 22 ans, a eu envie de mourir.

Un mal-être qui a commencé à la fin de l’adolescence qui se traduisait par une perte d’intérêt, une hygiène corporelle négligée ainsi qu’une vie sociale qu’il balançait à bout de bras.

Incompréhension totale pour moi car j’étais convaincu que mon fils allait bien avant ces épisodes. Ce n’était que des petits “downs” d’adolescence.

Il existe des diagnostics de dépression majeure du côté de mon mari et j’ai reçu moi-même un diagnostic de bipolarité en 2012.

J’ai commencé à penser qu’on avait possiblement joué un rôle bien malgré nous.

Mère aimante que j’étais malgré la maladie, j’ai dû manquer de réconfort à son égard avant mon diagnostic.

J’ai ensuite “observé” l’humeur de mon gars pendant quelques années. Mon humeur dépendait de la sienne, toujours.

Je lui conseillais d’aller consulter et même de prendre rendez-vous à sa place. Ce que je faisais mais il n’y allait pas.

Ça se “plaçait” et il reprenait une vie normale.

C’est ce que je croyais, mais cette souffrance intérieure l’habitait toujours avec des pensées de mort qu’il pensait capable de gérer lui-même.

Il a deux ans donc, je le sens se perdre à nouveau. Démotivation extrême. Difficulté à lui parler; il veut rien savoir.

Je le serre dans mes bras et il s’effondre littéralement. Ça va pas, on s’assoit et on discute un peu.

– Ton envie de mourir est encore présente?
– Oui
– Tu sais comment tu vas t’y prendre?
– Oui

Directive, je lui dis : “À partir de maintenant, c’est moi qui décide.”

J’espérais tellement que ça fonctionne.

– Je serai toujours là pour toi mais là, je suis limitée dans l’aide que je peux t’apporter suite à ce que tu viens de me dire. Je vais appeler une ambulance, ok?

S’ensuit un “non” peu convaincant. Il était à bout.

– J’ai pas le choix, lui dis-je.

Je sentais un peu d’espoir dans son regard comme quelqu’un qui va se noyer à qui on tend la main avant qu’il sombre.

J’avais envie de crier ma peine de le voir ainsi.

Les policiers sont arrivés les premiers. L’ambulance ensuite.

Tous ont été impeccables d’empathie. Il a été conduit à l’hôpital et a été évalué par deux infirmières en psychiatrie avant de voir la psychiatre.

Il a été hospitalisé deux semaines. Deux femmes psychiatres l’ont évalué.

Un diagnostic de “personnalité limité” a été posé et une intelligence en haut de la moyenne observé qui contribuait sans doute à son découragement face à la société.

Suite à son hospitalisation, il a accepté de suivre une thérapie de jour pendant deux mois afin de se bâtir un coffre à outils.

Son coffre est encore plein de ressources aujourd’hui.

Il va bien.

Ses amis ne l’ont jamais laissé tombé.

Même si des pensées négatives l’habitent parfois, il me dit qu’il les chassent facilement.

La partie n’est pas gagné pour autant.

Il devra toute sa vie composer avec ses démons intérieurs mais vivre est maintenant un désir absolu pour lui.

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