Réveil brutal : Vivre avec le stress post-traumatique

Anonyme

Pour ne pas mettre dans l'embarras les autres protagonistes, l'auteur du texte souhaite rester anonyme.

En y pensant bien, la peur fait partie de ma vie depuis toujours.

Portée par une mère anxieuse, bébé surprise conçu avec un homme anxieux et manipulateur, comment aurais-je pu m’en tirer?

La vie n’a pas fait en sorte qu’ils en prennent conscience assez tôt. Mon enfance en fut une de chaos, de violences, de drames et d’inceste. Ma mère a fui dans l’alcoolisme et l’instabilité. Mon père est resté égal à lui-même : pédophile et pervers.

Née et élevée dans ce contexte, c’était mon univers, ma réalité, la seule que je connaissais.

Je n’ai jamais réfléchi au fait que ce n’était pas normal. J’ai bien eu quelques crises suicidaires quand j’étais une jeune adulte, quelques souvenirs aussi. J’ai mis des mots sur mon vécu, mais jamais d’émotions concrètes liées à tout ça.

J’étais très bonne à l’école, alors j’ai fait des études universitaires et je suis devenue une infirmière performante. Performante, mais soit malade, soit blessée à chaque année. Ceci entraînant de longs congés-maladie et quelques remontées d’émotions diffuses.

Le temps passant, je suis devenue une mère performante.

Tout était beau de l’extérieur : trois belles filles intelligentes, un amoureux qui en était le père, de bons salaires, le chien, le garage et tout!

Mais, mon père continuait à rôder. Principalement autour de mon aînée. On gardait l’œil ouvert, à moitié conscient du danger. Il faut dire qu’on avait affaire à un très grand manipulateur. On parle ici du top des pervers!

Sans entrer dans les détails, une grande crise familiale arriva (devinez qui était dessous pour tirer les ficelles et jouer dans nos têtes).

Au même moment, ma fille atteignit l’âge que j’avais lors des premiers abus sexuels dont je me souvienne. La présence de mon père autour d’elle s’intensifia, ainsi que ses commentaires inappropriés.

Il fit tout en son pouvoir pour me retirer la garde des trois filles, sous prétexte que je souffrais d’un trouble de personnalité limite qu’il venait de me diagnostiquer lui-même. Il avait lu ça sur internet!

Crac! Tout vola en éclat.

Les émotions s’éveillèrent. Mes certitudes, ma vision du monde, ma vie, tout s’éclaircit.

J’ai eu l’impression d’ouvrir les yeux en une seconde et pour la première fois. Comme un gros pansement qu’on aurait arraché en un coup sec.

Une crise d’une ampleur horrible. J’ai voulu mourir, cru perdre la raison pendant plusieurs mois.

Réflexes d’infirmière, j’ai consulté et reconsulté les ressources de toutes sortes existant dans mon milieu.

Mes enfants étaient suivis de leur côté. Je voulais les protéger de moi puisque j’étais dangereuse. C’est ce qui nous a sauvées.

La lumière se fit un beau matin d’automne, lorsque que ma psychologue me diagnostiqua (pour vrai) un état de stress post-traumatique.

Ce diagnostic fut confirmé et reconfirmé par les psychiatres, psychologues, médecins. Le trouble de personnalité limite fut retiré du tableau.

Malheureusement, le stress post traumatique s’est chronicisé, puisque je vivais avec ça enfoui depuis l’enfance. J’ai également développé une fibromyalgie, une maladie coeliaque, de l’arthrite et de la rétinite pigmentaire. Toutes des maladies auto-immunes, dont certaines sont reconnues pour se développer lors de grands stress. Le gros lot.

Après des années de tergiversations avec l’IVAC, ma situation fut acceptée. Je reçois une petite indemnité et j’en suis très reconnaissante.

J’ai sorti mes parents de ma vie, changé de nom, reconstruit ma famille, fait six ans de psychothérapie deux fois par semaine, perdu la capacité de travailler comme infirmière, profession que j’adorais, fait des tonnes de deuils, mais je suis VIVANTE !!!

J’en suis si fière.

Mes filles ont été guéries à mesure et je m’adapte tranquillement à ma nouvelle vie.

Morale de l’histoire : quand on naît dans une famille comme la mienne, c’est notre normalité et ce n’est pas de notre faute.

Aidez les enfants “bizarres” au lieu de les juger. Ils n’ont pas choisi leur sort !

Le dicton ne dit-il pas que ça prend un village pour élever un enfant?

2 comments

  1. Appart l’inceste, mon histoire est pratiquement la même. La bordeline c’était ma mère et moi finalement c’est un diagnostique de post traumatique complexe. Voir grandir ma fille a tout déclanché. J,ai eu la chance d’avoir des professionnels de la santé qui m’ont vraiment aidé et j’apprends a vivre au moment présent 🙂

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