Tout le monde mérite de s’en sortir

Line Pepin

Line est une femme curieuse et sensible. Officiellement diagnostiquée avec un trouble d’anxiété généralisée dans la mi-vingtaine, ses doutes et ses incertitudes l’accompagnent cependant depuis sa plus tendre enfance. Fière combattante, elle a tenté par tous les moyens de s’en débarrasser pour finalement se rendre compte qu’elle devait les accepter pour atteindre l’équilibre qu’elle cherche tant. Loin de rester coller à cette étiquette, elle est ouverte face à sa maladie et croit que si son expérience peut aider à lever le voile sur le visage de la santé mentale, elle se doit de la partager.

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Aujourd’hui est une journée particulière.

Il y a un an, je m’enfonçais de nouveau dans la dépression.

Enfin, je ne me souviens plus très bien si c’était aujourd’hui, demain ou la semaine prochaine. Disons que j’en ai perdu des bouts.

À ce moment-là, j’étais déjà en arrêt de travail depuis près d’un an et demi pour cause d’épuisement/dépression. Je me croyais en rémission.

J’avais certes atteint un certain niveau d’équilibre, mais je ne me rendais pas encore compte à quel point il était fragile. Alors ça été un choc quand, du jour au lendemain, mon corps et ma tête m’ont de nouveau lâchés.

J’avais cru les moments difficiles bien loin derrière sans me douter qu’ils étaient plutôt très près devant. J’ai tenté de tenir le cap du mieux que j’ai pu.

Je me sentais telle une zombie qui avance dans un épais brouillard. J’avançais péniblement, ne sachant pas trop dans quelle direction aller.

J’essayais tant bien que mal de continuer à vaquer à mes activités comme à l’habitude, mais plus rien n’avait de sens. Tout semblait me demander un effort surhumain.

Pourtant, de l’extérieur, pas grand-chose n’y paraissait. J’arrivais même à sourire et à rire parfois.

Les gens que je croisais dans la rue, à l’épicerie, à la garderie, n’avaient aucune idée de la souffrance que je portais en moi. Je ne sais même pas si ma famille arrivait à en saisir toute l’ampleur.

Mais elle était bien réelle cette souffrance, et prenait même toute la place à l’intérieur de moi, me laissant à peine respirer. Il me prenait parfois l’envie de me mettre à hurler, espérant la faire sortir de mon corps une bonne fois pour toute, mais je me disais à quoi bon.

J’ai eu la chance d’avoir le soutien inconditionnel de ma famille. Ils ont été la raison pour laquelle je continuais d’avancer malgré tout, surtout mes enfants.

J’ai aussi eu le soutien de gens formidables (médecins, infirmières, etc.) et même parfois de parfaits inconnus. Certains de ces inconnus sont d’ailleurs devenus des rencontres inoubliables voire même des amis.

Je me rends compte que j’ai été choyée. Tout le monde n’a pas cette chance.

La dépression peut frapper n’importe qui, à n’importe quel moment de sa vie.

Elle se fout de la couleur de la peau, de l’orientation sexuelle, du statut social.

Je suis femme, mère, conjointe, fille, sœur, cousine, amie et bien plus encore. Je ne suis ni faible ni folle. Ni moi ni tous ceux qui sont atteints d’un problème de santé mentale quel qu’il soit.

Ce n’est pas facile de garder son équilibre. Il faut se choisir et prendre soin de soi à tous les jours et pas seulement quand ça va moins bien.

Certains me jugeront certainement pour cette confidence; la santé mentale étant encore malheureusement un sujet tabou dans notre société. Beaucoup me pointeront du doigt comme une bête de cirque.

Mais je ne suis pas ma dépression.

Je suis femme, mère, conjointe, fille, sœur, cousine, amie et bien plus encore. Je ne suis ni faible ni folle. Ni moi ni tous ceux qui sont atteints d’un problème de santé mentale quel qu’il soit.

SVP Ne jugez pas les gens sans connaître toute leur histoire. Vous n’avez aucune idée de ce qu’ils peuvent bien traverser. Soyez ouverts, compatissants. Rappelez-vous que vous n’êtes pas à l’abri. Un jour, ça pourrait bien être vous.

Comment aimeriez-vous qu’on vous traite?

Je suis et je serai toujours une oreille attentive pour tous ceux qui en ont besoin. Lorsqu’on traverse des phases de tempêtes, on reste marqués à jamais. 

À ceux qui souffrent en ce moment. Oui, on peut s’en sortir. Non, ce n’est pas facile.

Il y a des jours où j’ai l’impression de poursuivre mon chemin comme si rien de tout cela ne s’était vraiment passé. Il y a d’autres jours qui sont plus difficiles et qui me font craindre de sombrer de nouveau.

J’avance un jour à la fois. Il m’arrive parfois de faire quelques pas de côté ou par en arrière, j’apprends à accepter ces journées.

C’est un combat de tous les jours. Il ne faut rien prendre pour acquis. Je continue d’avancer la tête haute. Je garde espoir. Tout passe.

N’hésitez surtout pas à demander de l’aide. Vous allez fort probablement vous heurter à plusieurs portes fermées avant de trouver la bonne.

SVP ne baissez pas les bras.

Tout le monde mérite de s’en sortir.

3 comments

  1. BRAVO et MERCI LINE POUR AVOIR ÉCRIT SUR TES DIFFICULTÉS DE VIVRE AVEC UN TROUBLE D’ANXIÉTÉ GÉNÉRALISÉE, QUI VIENT TANT TERNIR LA VIE DE TOUS CEUX ET CELLES QUI EN SOUFFRENT AUSSI JOUR APRÈS JOUR AVEC COURAGE ! !

  2. Bravo Line, l’anxiété généralisé c’est pas facile à gérer, faut jamais lacher, des jours ça va bien d’autres moins bien, l’accepter est un gros morceau , après en parler avec des gens comme nous ça fait du bien et ça nous encourage d’être compris. Je vis également avec cette maladie mentale , j’ai passé par toutes les émotions!!!! Merci pour ton témoignage!!!

  3. Wow, très beau témoignage.
    Je dois dire que ton texte me ressemble beaucoup même si je ne souffre pas de la même maladie mentale.
    Le premier pas pour atteindre le bien être est de chasser la culpabilité, accepter, ensuite il est beaucoup plus facile de gérer le reste.
    Tu es admirable, continue!!

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Line Pepin

Line est une femme curieuse et sensible. Officiellement diagnostiquée avec un trouble d’anxiété généralisée dans la mi-vingtaine, ses doutes et ses incertitudes l’accompagnent cependant depuis sa plus tendre enfance. Fière combattante, elle a tenté par tous les moyens de s’en débarrasser pour finalement se rendre compte qu’elle devait les accepter pour atteindre l’équilibre qu’elle cherche tant. Loin de rester coller à cette étiquette, elle est ouverte face à sa maladie et croit que si son expérience peut aider à lever le voile sur le visage de la santé mentale, elle se doit de la partager.

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