Dépression : Quand la maladie revient en force

Dépression : Quand la maladie revient

“Dépression : Quand la maladie revient en force” est un témoignage puissant sur l’importance de rester vigilant aux signaux et symptômes avant-coureurs. Un gentil rappel que la maladie peut se pointer le bout du nez si nous baissons la garde.

Martin Binette, Fondateur – Entre Les Deux Oreilles

En juillet 2020, j’ai eu ma première bouffée délirante.  

Je croyais que mon chum me trompait sans aucune raison apparente.

Au départ, j’ai cru que c’était simplement de l’insécurité. Nous en avons discuté et avons passé à autre chose. 

En 2012, j’ai fait une dépression majeure suite à ma séparation. Aujourd’hui à 45 ans, je croyais que tout était derrière moi.

Il y a deux ans, j’ai décidé d’arrêter progressivement mes médicaments puisque les effets secondaires étaient très difficiles à supporter et que tout allait bien dans ma vie.  

Quelle erreur!

En septembre, les crises sont revenues, mais avec de l’anxiété intense ainsi que mes délires que je n’arrivais plus à contrôler.

Pourtant, de l’extérieur, tout semblait bien aller.

Mon chum m’aimait. Je l’aimais. Mes deux ados allaient bien à l’école. J’avais un travail et des projets stimulants.

Jamais je n’aurais cru que la maladie reviendrait avec une telle force.  

Une nuit, j’ai même débarqué chez lui en le réveillant pour le confronter. Malgré ses paroles rassurantes, mes idées délirantes demeuraient. 

J’étais déboussolée. 

J’ai pris rendez-vous avec mon médecin pour parler de mes crises. J’ai entamé une thérapie et parlé à ma sœur, ma meilleure amie, mes filles et même mon ex-conjoint pour les aviser que ça n’allait pas bien.  

Relief – Le chemin de la santé mentale

Mon chum avisait ma sœur et mon amie aussitôt que je délirais. Ils se mobilisaient à mon insu.

Il était déjà trop tard. La maladie était bien enclenchée. 

Un jour d’octobre plus rien n’allait. Ma sœur a décidé de m’héberger et m’a amené à l’hôpital.  

Je devais reprendre mes médicaments même si je ne voulais pas. Ma meilleure amie me faisait promettre de le faire.

Ma sœur me disait : « Tu t’enfonces même si tu ne le vois pas, je t’aime et je vais être la même si tu touches le bas fond. »  

Incapable de travailler, mes délires avaient pris le dessus.  J’ai abdiqué et fini par accepter de l’aide. 

En discutant des effets secondaires de mes médicaments avec le psychiatre, nous avons essayé une combinaison de deux médicaments qui fournissait une nouvelle alternative plus acceptable.  

Résultat : en trois mois, j’étais remise de cette crise.

Le constat de cette tornade n’a pas été beau.  Mon chum avait pris ses distances, épuisé et traumatisé par les événements.  

En décembre, il m’a remis une lettre de 5 pages dont je partage certains passages avec vous :

« Cette épreuve a été terrible.  Probablement plus pour toi que pour moi, j’en conviens.  

Cependant je suis loin de minimiser ma partie.  Je ne sais pas depuis quand je pouvais voir les signes.  Quelles ont été les prémisses de cette descente aux enfers ?  

Cette maladie qui était en train de s’installer tranquillement et qui t’a amené en vrille vers le bas.  

Tu ne le savais pas au début, tu ne le voyais pas, tu n’avais aucune idée du cauchemar, de cette tragédie qui était en route et qui allait gâcher notre relation.  

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Savais pas que tu n’allais pas manger, dormir, en être affecté mentalement et physiquement.  

Tu ne comprendrais pas ce qui t’arrive et qu’au final ce serait pire que ce tu avais imaginé.  J’ai essayé souvent de te raisonner, mais c’était impossible. 

 J’ai été au bout du rouleau, et ça m’a affecté au travail.  Ça m’a tellement fait mal de te voir comme ça, j’ai tellement pleuré, tu ne peux même pas imaginer.  Des soirées de temps, au bureau, en auto, en vélo. J’ai pleuré partout!  

Ça m’a fait mal de perdre ma blonde.  De te voir avec une autre personnalité, celle qui m’aimait et me détestait soudainement comme si j’étais devenu le pire salaud.  

Ma porte est toujours barrée depuis cette fameuse nuit et ma sonnerie de téléphone est fermée depuis des mois.  Je ne voulais plus entendre ma messagerie sonner et avoir le stress de lire tes messages.

Je ne sais pas comment j’ai été capable de me battre aussi longtemps.  J’avais l’impression de me battre contre le diable.  

Ta sœur et ton amie ont trouvé ça terriblement difficile de me croire.  Le temps aura eu raison du choix qu’elles ont fait de me croire.  

Oui je suis resté, oui je l’ai fait pour toi et oui, aussi pour moi, car je ne suis pas un salaud.  

Le sentiment qui m’habite aujourd’hui est celui que je peux partir l’esprit tranquille sachant que tu es sur la bonne voie. 

J’ai pleuré ma vie en écrivant cette lettre parce que je laisse aller la perle rare et que probablement je m’en voudrai le restant de mes jours, mais c’est mieux ainsi. »

L’amour ne triomphe pas de tout, mais lui pardonner son départ est plus facile que de me pardonner le mal que je lui ai fait malgré moi.  

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Je dois être résiliente et accepter maintenant que ma première dépression n’était pas isolée, mais bien une maladie qui fait partie de moi. 

J’aurai à prendre mes médicaments pour le restant de mes jours et possiblement faire des rajustements dans l’avenir.  

Ça prend beaucoup de force pour se relever suite à une dépression majeure, mais vivre avec les conséquences également; passer pour la folle, détruire une belle relation, impacter sa famille et ses enfants, manquer au travail, avoir des impacts financiers…etc.  

Je me suis rétablie rapidement cette fois grâce à l’aide de cet homme extraordinaire, de ma sœur ainsi que ma meilleure amie qui sont restés à travers la tempête pour m’aider.  

Le prix à payer fut très cher, mais on apprend de ses erreurs et on devient mieux outillé.  

J’espère que mon témoignage va pouvoir sensibiliser les gens sur l’importance de continuer de prendre les médicaments même quand tout semble bien aller et de reconnaître les signes avant-coureurs avant qu’il ne soit trop tard.  

Tout comme le cancer, la dépression peut revenir en force. La maladie peut rester en dormance et refaire surface à tout moment. 

J’aimerais également souligner le rôle majeur des personnes qui nous soutiennent, ces personnes de confiance dans notre réseau qui ne jugent pas et qui sont toujours là pour nous aider.  

C’est à nous ensuite d’accepter cette aide le moment venu.   

Bon courage!


1 Comment

  1. Ce témoignage me parle énormément, on se croit tellement quand on est dans une crise. Quand on prend des médicaments qui enlèvent ces crises, on a l’impression qu’ on est guéri après un certain temps,donc on a toujours envie d’arrêter de les prendre. Je trouve que c’est bien difficile pour notre orgueil!!! C’est une maladie sournoise et oui ça prend beaucoup de force pour se relever comme tu le dis si bien!!!! Merci pour ton témoignage!

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