L’activité physique : ça fait du bien entre les deux oreilles

Line Pepin

Line est une femme curieuse et sensible. Officiellement diagnostiquée avec un trouble d’anxiété généralisée dans la mi-vingtaine, ses doutes et ses incertitudes l’accompagnent cependant depuis sa plus tendre enfance. Fière combattante, elle a tenté par tous les moyens de s’en débarrasser pour finalement se rendre compte qu’elle devait les accepter pour atteindre l’équilibre qu’elle cherche tant. Loin de rester coller à cette étiquette, elle est ouverte face à sa maladie et croit que si son expérience peut aider à lever le voile sur le visage de la santé mentale, elle se doit de la partager.

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Depuis des années, mon médecin « m’achale » pour que je me mette à l’exercice. C’est que, voyez-vous, j’ai toujours été du type plutôt sédentaire. Même à l’école, je détestais les cours d’éducation physique. Avoir le cœur qui débat et suer à grosses gouttes ? Non merci, très peu pour moi ! Et en plus, je suis un peu gauche, alors je n’étais douée pour aucun sport. Pourtant, mon médecin insistait sur les bienfaits desdits exercices autant sur la santé physique que mentale. Il me disait que ça devait devenir une habitude tout comme me laver les cheveux ou me brosser les dents. Pas grand monde aime se brosser les dents et pourtant, tout le monde le fait parce que c’est bon pour la santé. On ne se pose pas la question : est-ce que ça me tente de me brosser les dents ? Non. On se brosse les dents un point c’est tout. Ça fait partie de notre routine. 

Mon médecin était là, devant moi, prêt avec son « pad » de prescription à la main : 

« Ce n’est pas une blague madame, je vous le prescris s’il le faut ! » 

Alors, j’ai dû essayer. J’ai essayé plusieurs choses : course à pied, marche rapide, natation, aérobie, entraînement personnalisé avec un Kinésiologue, gymnastique sur table, yoga et j’en passe ! Je me souviens très bien de certaines fois où je marchais, écouteurs sur les oreilles pour essayer de me motiver un peu, en pleurant parce que je trouvais ça tellement difficile. 

La plupart du temps, je persistais pendant quelques semaines dans une activité puis je me décourageais. Faire de l’exercice finissait toujours par devenir une obligation, un item de plus à cocher sur ma liste de choses à faire et, par le fait même, ironiquement une source de stress. Et aussi de culpabilité si je manquais une séance ou l’écourtais pour quelque raison que ce soit. Ça avait donc l’effet totalement inverse et j’abandonnais en me disant que ça n’en valait pas la peine.

Puis, l’été dernier, j’ai eu la chance de rencontrer la belle Valérie, une thérapeute en réadaptation physique recommandée par ma compagnie d’assurance. Une vraie perle. Valérie m’a appris à être plus douce avec moi-même, à respecter mes limites et à me fixer de petits objectifs réalistes. Elle était positive et bienveillante. Elle m’a appris à changer mon discours interne. J’ai commencé avec deux séances de vélo stationnaire par semaine à raison de neuf minutes par séance, supervisées par Valérie. Je ne trouvais pas ça beaucoup… Je trouvais ça même ridicule et je me disais que ça ne servait à rien. Valérie m’encourageait aussi à prendre des marches à la maison et à faire quelques postures de yoga. C’était difficile parce que j’étais étourdie à rien. 

Quand je la voyais et qu’elle me demandait ce que j’avais fait comme exercice les jours où on ne s’était pas vu, j’étais mal à l’aise de lui dire que j’avais marché seulement cinq minutes parce qu’il faisait trop chaud et que ça m’étourdissait. Elle me répondait qu’au contraire, je devais être fière de moi. Fière d’être sortie malgré la chaleur et d’avoir réussi à faire quelques pas malgré les étourdissements. Que pour l’instant, « l’habitude » était bien plus importante que la quantité et que ce n’était surtout pas en me tapant sur la tête que je me motiverais à continuer. Que le reste suivrait lentement, mais sûrement. Ses paroles me réconfortaient tellement. 

Faire mon vélo stationnaire en écoutant de la musique me faisait du bien. Je prenais enfin du temps pour moi ! Ces séances m’aidaient à faire « sortir le méchant » ! L’habitude s’est créée tranquillement et au fil du temps ces deux séances de neuf minutes par semaine sont devenues trois séances de vingt minutes. À cela se sont greffées quelques minutes d’étirements et quelques postures de yoga après chaque séance de vélo. J’étais même rendue à intégrer une heure de yoga par semaine sur l’heure du dîner au travail ! Comme quoi petit train va loin ! Je ne croyais pas cela possible, mais maintenant quand je passe plus de deux journées à ne pas faire mon vélo, mon corps me le réclame. Cette habitude est maintenant bien ancrée en moi !

Je ne serai jamais une athlète olympique. Pour certains, mon « petit » trois fois vingt minutes de vélo stationnaire par semaine n’est pas grand chose. Pour moi, c’est un pas énorme vers une meilleure santé physique et mentale. En plus, j’ai appris que c’était correct d’écourter une séance parce qu’on a un rhume ou parce qu’on a mal au dos. C’est correct de manquer une séance parce qu’on est en vacances. L’important c’est de garder la routine et de se concentrer sur les fois où on a fait notre séance au lieu de focuser sur les fois où on ne l’a pas fait. 

Pédaler sur mon vélo en chantant à tue-tête m’aide vraiment à faire relâcher la pression. Allez-y, bougez !!! Trouvez VOTRE activité et allez-y un petit pas à la fois. Vous ne le regretterez pas je vous assure.

P.S. Je ne dirai pas à mon médecin qu’il avait raison !!! 

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Line Pepin

Line est une femme curieuse et sensible. Officiellement diagnostiquée avec un trouble d’anxiété généralisée dans la mi-vingtaine, ses doutes et ses incertitudes l’accompagnent cependant depuis sa plus tendre enfance. Fière combattante, elle a tenté par tous les moyens de s’en débarrasser pour finalement se rendre compte qu’elle devait les accepter pour atteindre l’équilibre qu’elle cherche tant. Loin de rester coller à cette étiquette, elle est ouverte face à sa maladie et croit que si son expérience peut aider à lever le voile sur le visage de la santé mentale, elle se doit de la partager.

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